Ce qui vous hante !
Description des personnages
Inconscience: Ce personnage n'a pas vraiment de caractère. Il apparaît dans la pièce dans le rôle du chur au tout début et par la suite il intervient dans le but de démystifier quelques situations. Elle joue seule et ne se montre qu'à la toute fin où elle avouera tout. Costume: Robe de soie blanche, transparente, dessous un corset et porte-jarretelles noir, elle se promène pieds nus.
Solo: Elle porte son nom à merveille, car elle recherche la solitude, cuvée sa peine seule, voilà ce qu'elle désire. Pourtant sa vie tourne autour des hommes, de ses amours. Elle est écrivain, passionnée, trop passionnée ce qui la rend dépressive. Costume: Pantalon 3/4, bas rayés, camisole rayée très sexy, cheveux rouges.
Flou: Tout au long du spectacle, personne ne sait comment définir ce personnage, il est asexué, il cache son visage sous un masque et son identité est floue. Il incarne la fuite, l'irréalité. On ne sait rien de lui, pourtant ce personnage devine tout. Costume: Un masque et une grande rode couvrant ses pieds jusqu'à sa tête.
Egna: Personnage la plus secrète, la plus introvertie, elle aide tout le monde, les écoute, mais lorsqu'elle parle d'elle ce n'est jamais en détail. Elle est la plus féminine de toutes les filles et passe son temps à se remaquiller. C'est "La Mama de tous". Costume: Robe rouge très moulante, talons hauts rouges, longs bas noirs accrochés par des porte-jarretelles.
Belz: Pour les intimes Belzébuth, ce surnom découle de sa grande révolte, son tempérament agressif et tiraillé pour tout. Elle vit avec un secret qui lui pèse et qui lui donne envie de mourir, se suicider ; ce n'est pas cesser de vivre qu'elle désire, mais cesser de souffrir. Costume: Tout en noir, grande robe, cheveux, maquillage.
Soit: L'entre deux de la pièce, elle est toujours entre les larmes ou le rire, la douceur ou la colère. Elle est incapable de contrôler ses sentiments, elle vit de pulsions soudaines et son instinct est plus fort que sa raison. On peut même dire qu'elle est la déraison du spectacle, la folie, mais c'est bien parce qu'elle ne comprend pas son état. Costume: Souliers de différentes couleurs, bas de différents motifs, pantalon et chandail de couleur très vive.
Hâve: Hâve incarne la tristesse sur deux pattes. Elle meurt et s'en veut de quitter ce monde. Elle aime jouer le rôle de la victime, de celle qu'on délaisse et qu'on oublie. Elle explosera, elle se libérera et deviendra sereine. Costume: Robe blanche couverte d'une soie rouge, cheveux noirs, bas noirs et souliers rouges.
Décor
*Concepts*
1. Le trapèze : Le trapèze est suspendu dans le coin gauche de la scène. Le personnage de linconscience (ou de lécrivain) y est assis tout au long de la pièce de théâtre. Pourquoi ? Pour montrer que la voix de la conscience et de linconscience survient de nulle part, dun peu partout, quelle surgit nimporte quand et quelle flotte au-dessus de nous bien enfouie dans un petit coin de notre tête. L'inconscience sur son trapèze peut autant être prise pour la lune, à qui on parle lorsqu'on ne croit pas en Dieu.
2. Les rochers : Les six pierres sont disposées un peu partout sur la scène et servent de fuite pour les personnages, pour quelles puissent aller se réchauffer lâme et le cur sur ces mêmes rochers où tout s'immobilise. Tout au long de la pièce, les actrices restent sur scène, même si ce nest pas à elles à jouer. Celles qui ne jouent pas sont figées, assises sur leur rocher, elles se métamorphosent en statue. Cette théorie pour moi est très importante, car les humains la vivent tous les jours sans sen rendre compte. Nous sommes aveugles devant un événement, nous n'entendons pas les gens qui nous parlent, car nous sommes trop occupés à nous soucier de notre petite personne. Les personnages une fois assises, perdent tous sens, elles deviennent aveugles, muettes, sourdes et ne bougent plus. Seulement elles peuvent se sortir de ce monde. Elles deviennent intouchables, elles ne peuvent plus avoir mal et fuient leur propre réalité.
3. Les miroirs : Les miroirs sont disposés un peu partout, à différentes hauteurs et ils ont différentes formes pour montrer au public un autre angle, une autre vision des scènes jouées. Ils sont suspendus, en mouvement pour le jeu des comédiennes, cest elles qui peuvent sen servir pour leur propre plaisir, selon leur pulsion du moment, mais pendant la pièce il y aura des moments où ils seront indispensables. Ils peuvent servir à un personnage qui acte seul, car devant la glace, les humains se parlent pour vrai ou se font du cinéma. Les miroirs seront aussi très utiles pour faire constater au public des sentiments ou des émotions contraires à ce que les personnages ressentent. Il y aura des miroirs de toutes les sortes ; autant déformants que ceux qui font des gros plans ou ceux qui éloignent Cest selon limagination du moment. Ces objets laissent place au côté improvisateur des comédiens : comment réagiront-ils devant ?
Scène première
Linconscience est seule en mouvement dans cette scène, les autres sont assises sur leur rocher et ne bougent pas. Linconscience se promène en zigzaguant à travers elles et se dirige peu à peu en discourant vers son trapèze où elle ira sasseoir. Elle joue le rôle du chur comme dans les anciennes pièces classiques.
Inconscience: Regardez ce spectacle. Admirez bien ces scènes. Des femmes immobiles, des femmes qui auraient très bien pu être remplacées par des hommes. Des femmes partageant toutes une douleur unique, un secret bien gardé au fond d'elles-mêmes où personne ne peut entrer, où chacune souffre en silence. (Elle grimpe sur son trapèze et il commence à monter) Vous ne verrez ici que du mensonge, que du superflu, que de la poudre aux yeux, que de la morve au nez et des larmes qui perlent sur les joues Aux plus sensibles dentre vous, abstenez-vous de regardez cette pièce. Ceux qui se croient durs à cuir Laissez-vous emporter et laissez tomber votre barricade, votre bouclier anti-douleur humaine Analysez ces scènes, analysez ces mots et vous découvrirez peut-être des caractères, des souffrances, des réflexions qui se rattachent à vous. Chacun porte un fardeau qui le rattrapera dans un détour, à un moment ou à un autre, où nous ne lavions pas prévu du tout On se croit fort, on se sent intouchable, mais comme la majorité des êtres humains tout événement bouleversant nous donne la nausée et nous fait gonfler le cur. (Elle sarrête et les regarde) Moi? Qui suis-je par rapport à elles, me demanderez-vous ? Je suis Je suis, elles. Je suis chacune delles, car je les ai créées Je ne porte pas de nom, vous voyez mon visage, mais il est faux. Celui-ci, cest elles qui me lont construit, elles ont façonné mes traits de leurs propre mains et elles ont décidé par leur imaginaire quels yeux, quelle bouche ou quel nez miraient le mieux. Tout Dieu doit avoir son propre visage Même si je ne suis pas réellement une Déesse Je suis une écrivaine, une simple intellectuelle, une "pousseuse de crayon " comme on dit dans le jargon ou la narratrice "je " de cette histoire possédant un corps, une âme. Je suis la voix de la conscience, leur inconscience plus précisément. Je suis celle qui sait tout de leurs véritables pensées et celle qui se fait blâmer pour un oui ou pour un non. Celle qui les place devant un mur et celle qui leur avoue toute réalité quelles refusent daccepter. Donc, je tiens le rôle de la méchante et elles men veulent toutes à leur façon. (Elle commence à se balancer) Une pour la confronter au visage de la mort, lautre pour lui avoir donner la vie Sa vie. Une autre pour la rendre folle, lautre pour lavoir inventer trop trop ceci ou trop cela Elles ont toute une raison différente de me détester, mais je ny peux rien, je les ai vécues comme cela Comment pourrais-je écrire autre chose que ma propre existence ? Tout écrivain puise dans le fond de ses tripes pour dégager un sentiment unique et réel. Tout écrivain souffre en silence, car sa bouche ne sait que se taire et ses crayons, eux, nont appris quà devenir totalement cinglés lorsquils lovent du papier. (Elle les regarde à nouveau et elle frôle lhystérie) En ce moment, vous savez ce quelles font? Elles fuient Elles fuient et rien de moins. Elles dorment, elles se soulagent, elles hurlent sans respirer Elles ne bougent pas, ne sexpriment pas, nentendent rien. Assises sur leur rocher, elles deviennent intouchables Quelques-unes se sauvent de leur ombre, dautres courent après leur âme, mais elles se cachent toute une réalité de même nature. Plus elles ont mal, plus elles restent longtemps dans les nues, dans ce monde où ce nest pas un crime de rêver, enfin, où toute douleur sengourdit et devient jouissance. Un monde créé de toutes pièces, un monde complètement irréel et sans dessus dessous. (Elle se lève sur son trapèze et hurle vers elles). Il est si facile dinventer la tournure de son existence (Elle crie le poing fermé pointant vers le ciel) Allez les filles comme il vous plaira ! Restez personnages ou devenez humaines, mais de grâce Dites tout haut ce qui vous hante !
Solo se lève doucement et va sasseoir au bout de la scène près des spectateurs. Elle sort son carnet et son crayon bleu, puis se met à écrire et parlant tout haut.
Solo : Oui, cest comme ça que tout devrait commencer Cest bon, je le garde ce passage-là. " Regardez ce spectacle. Admirez bien ces scènes. Des femmes " Mais pourquoi je choisirais seulement des femmes. Les femmes se comprennent entre elles et les hommes entre eux Donc ! (Elle porte son crayon à sa bouche) Donc, mes femmes, mes personnages pourraient très bien devenir des hommes. Je dois réfléchir encore là-dessus. Puis je ferai répéter la phrase clé par le chur deux fois à la toute fin. (Elle se rassoit)
Inconscience : Dites tout haut ce qui vous hante !
Elles se lèvent une après lautre pour dire un mot, une phrase et elles se rassoient lune après lautre ; sauf exception de Hâve et de Belz qui se lancent des couteaux.
Flou: Je ne sais qui je suis, je semble être sous un masque (elle sassoit)
Egna: Je veux être ce que je ne suis pas ! (elle sassoit)
Soit: Je penche vers une vie, on me bouscule (geste de poussée) vers une autre. (elle sassoit)
Solo: Je suis lasse de dévoiler toutes les facettes qui me trahissent pour faire plaisir à lune ou à lautre. (elle sassoit)
Belz: Je détruis lexistence dautrui, car je nai jamais demandé à vivre. (elle reste debout, regarde Hâve gravement et sallume une cigarette)
Hâve: Jai voulu recréer ma vie et on moffre la mort en échange. (elle reste debout)
La scène se joue donc entre Belz et Hâve qui discutent et qui se disputent. Linconscience intervient de temps et temps, lorsquun mensonge se dit.
Belz: (Ironique en s'allumant une cigarette) Pauvre, pauvre de Hâve ! Tu me fais pitié ! Vouloir vivre autant pour un rien. Désirer vivre autant dans une vie qui ne fait que vouloir te pendre au cordon de tes souvenirs oppressants. Meurs donc sans en faire tout un plat et cesse de te plaindre, pauvre martyre !
Hâve: (Ton de victime) On voit bien que tu nas pas à compter tes jours...
Belz: Si seulement je le pouvais ! Je pourrais être enfin soulagée, je pourrais enfin me dire que tout ce cirque finira un jour, je pourrais enfin être libre et me rendre compte que la mort a une véritable utilité Que la mort est faite pour ceux qui veulent vivre sans boulet, sans attache, sans regret, sans remords, sans attente, sans ceci ou sans cela et même sans bêtise et sans erreur humaine. Mais au lieu de cela, les humains ont tendance à multiplier leurs âneries fois cent, au lieu de les oublier. Le bonheur est la pire des sottises que le monde a créées, fie-toi à moi. On nous y laisse goûter, on nous y fait baigner, on sy saoule même. On nous y laisse rêver et soupirer, puis puis (Elle prend un bon souffle et hurle) CRAC ! Le bonheur nous envoie une droite en pleine gueule et un coup de genou au ventre et on pleure et repleuvent nos yeux et le cur resaigne et on se lamente sans fin On chigne devant tout le monde sans pudeur aucune.
Inconscience: Cest bien facile de grommeler lorsquon reste assis sur ses lauriers.
Belz: (Moment de silence, puis dun ton pensif et résigné) Jai toujours défendu les causes qui me tenaient à cur avec tant dintensité que maintenant je nai plus de force et dénergie à consacrer dans quoique ce soit, même pas pour moi, pour mon propre bien-être. Je ne meurs pas Hâve, mais cest tout comme ; je suis froide, un véritable cadavre sur deux pattes, jai le fond du cur si amer que mes interlocuteurs plissent le visage aux moindres mots que je leur glisse. Je laisse les autres prendre toute la place dans ma vie, et ça me tue !
Hâve: Je nen crois pas un mot ! Tu penses toujours quà toi, quà ta petite personne humaine et le reste tu le prends trop à la légère. Remarques-tu que nous sommes nos contraires, je suis ton reflet, tu es le mien. (Elle se regarde dans un miroir, tandis que Belz reste figée à côté delle) Moi, je veux de tout cur vivre et cesser de souffrir, cesser de me plaindre (Énergiquement) Et toi, tu appelles la mort en hurlant à pleins poumons pour quelle vienne te chercher au plus vite, (Tristement) sans penser aux conséquences de ces cris
Inconscience: Hâve, Hâve, Hâve Avant que je décide de te créer mourante, personne ne faisait attention à toi et tu men voulais plus que jamais. Maintenant que tu te meurs et que tout le monde ne veut que taider, que prendre soin de toi, que taimer et se préoccupe de toi et seulement toi. Tu oses me demander de redevenir comme avant, tu veux revenir en arrière et redevenir la petite Hâve qui ne faisait rire personne et qui faisait déguerpir toutes les filles sur son passage Non ! Ma réponse est non Il ny a plus de retour en arrière, lanachronisme en serait déboussolé.
Hâve: Belz, je nai jamais demandé à mourir Peux-tu me croire ? Je nai jamais voulu être le centre dattraction, le personnage principal de cette histoire Jétais bien vivante, lorsque je n'étais rien à vos yeux. Maintenant cest vos visages denterrement qui me tuent.
Belz: Ne ten fais pas pour cela, tu es toujours rien à mes yeux
Inconscience: Foutaise !
Belz: Je ne tenvie aucunement et la différence entre nous deux, cest que moi je peux décider la date de ma propre mort De toutes façons, le processus est déjà commencé, mon âme n'est plus. Je nai plus quà en finir, cest tout simple Toi, tu es la pauvre brebis qui sest fait prendre par la faux du puissant laboureur nommé (amusée) Roulement de tambour El Santanos !
Inconscience: Tu actes comme une véritable pro, ma foi Tu nas jamais été aussi jalouse de quelquun, car tu sais trop bien que sous tes allures dinsensible se cache une personne lâche qui ne pourrait jamais, au grand jamais, mettre fin à ses jours Tu es même la plus poltronne dentre toutes tes petites camarades. Excuse-moi de te le rappeler!
Hâve: Pour quelle raison te tuerais-tu, lorsque tu as tout devant toi ? Quest-ce que tu recevrais en échange de ta vie? Laisse donc tomber tes idées morbides pour une fois et laisse la folie entrer dans ta vie.
Inconscience: Tu peux bien parler, tu nas jamais été foutue de rire un peu. Et cest maintenant que tu voudrais commencer
Hâve: Jai toujours été amoureuse de la vie sans savoir pourquoi Je ne me suis jamais posé cette question ultime comme tu le fais chaque jour Si javais le choix Je vivrais, même si je devais vivre seule et contre toutes. " Dois-je mourir ou vivre ? " Quelle question bête!
Belz : Survivre !
Hâve et Inconscience : Appelle ça comme tu veux !
Deuxième scène
Si vous voulez connaître la suite, vous pouvez me contacter...