Littérature nouvelle génération

// Par : Benoît Liodenot

Alors que son premier roman traitait de la guerre et des dégâts qu’elle provoque dans la population locale, l’écrivaine prend cette fois le chemin inverse, en racontant l’amour. Cet amour impossible entre deux personnes qui sont, a priori, faites pour s’entendre, mais qui ne réussissent jamais à se trouver.

Écrire sur les sentiments humains est naturel chez Mylène Bouchard. Elle y trouve une insatiable source d’inspiration. « Écrire sur l’amour, c’est écrire sur la vie quotidienne […] J’aime que mes lecteurs puissent se reconnaître dans mes romans », indique-t-elle.
Le territoire est aussi l’une de ses grandes sources d’inspiration. Mylène Bouchard aime sa région et le fait sentir à son lectorat. La garçonnière regorge de descriptions de la Belle Province, des terres reculées d’Abitibi aux rues surchargées de Montréal. On se retrouve également à l’étranger, en Hongrie et à Beyrouth, au Liban, où l’auteure avait déjà établi des scènes de son premier roman. « J’ai eu un coup de foudre pour ce pays après un séjour sur place il y a quelques années », explique-t-elle. « Le choc culturel a été tellement intense et révélateur sur de nombreux aspects dans ma vie que j’ai voulu faire partager mon expérience », précise l’auteure.

L’écriture occupe une grande place dans la vie de Mylène Bouchard. Étudiante à la maîtrise en littérature, elle s’abreuve des grands écrivains francophones, tels que Marguerite Duras, à laquelle elle porte la plus grande admiration. Pour Mylène Bouchard, chaque livre demande environ trois années de travail. « Pendant les deux premières années, mon imagination est en pleine effusion. C’est le moment où je pose un maximum d’idées sur le papier […] La troisième année, je précise mon travail, je l’affine, le peaufine », raconte-t-elle.

Il en ressort un travail original, mélange réussi de roman populaire et d’écrit novateur. Le style d’écriture de La garçonnière est atypique. L’auteure joue avec la langue française. Elle n’hésite pas à déconstruire les phrases, à les réduire à un mot, un verbe, un lieu. Passé les premières pages relativement difficiles d’approche, le lecteur se trouve vite aspiré par les mots. Mara et Hubert, les deux protagonistes de La garçonnière, deviennent rapidement attachants. Les chapitres sont également entrecoupés de citations d’auteurs divers, qui rythment agréablement l’intrigue. Mylène Bouchard a ainsi réussi à trouver un style personnel.