Horreur Boréale (L’Erreur Boréale)
Richard
Desjardins l’homme de bois né en Abitibi, l’homme qui se bat par sa solidité
des mots, sa poésie et par ses chansons, ne manque jamais d’imagination par
sa plume lorsqu’il doit défendre les intérêts de la société ou de gens
qui se font exploiter de toutes sortes de façon. L’homme poète-chanteur
maintenant devenu « l’homme qui plantait les compagnies » selon L’actualité du mois de décembre 1999, où il est élu en plus,
l’homme de l’année. Desjardins, dans ses chansons, dénonce bien
souvent les erreurs du passé ou de notre siècle, comme par exemple
« Les Yankees » et encore « Les bons rien ».
Quant à « L’erreur Boréale », son film qui a semé
la controverse, Desjardins montre une toute autre réalité de notre millénaire.
Notre temps à beau être celui de la technologie et autres inventions « révolutionnaires »
telle la bombe nucléaire, les hommes ne se soucient guère des problèmes
environnementaux. C’est dans le but d’ouvrir les yeux du peuple que
Desjardins dénonce le massacre de nos forêts. Le survol à 360 degrés entre
Waswanipi et le Lac au Goéland nous fait voir des horizons d’enfer terrestre.
De la déforestation, des coupes à blanc du sud au nord, des chemins de forêt
totalement dévastés prouvant l’inconscience des hommes vis-à-vis des
ressources qui ne sont logiquement pas très renouvelables. Il faut couper selon
les règles du Ministère de l’environnement dit-on, mais quelles sont ses règles ?
Le Ministère n’aurait plus un mot à dire sur la coupe de nos forêts depuis
la loi 150. Cette loi a eu pour
effet de donner feu vert aux compagnies forestières qui en contrepartie doivent
régénérer leurs lieux de coupes.
Ce contrat entre les industries forestières et le Ministère de
l’environnement devait consacrer le contrôle de cette ressource première à
une dizaine de compagnie qui détiennent maintenant tout le butin ainsi que le
monopole de nos forêts. Ceci a produit aussi 15 ans de pillage généralisé et
incontrôlable sans que personne n’intervienne pour cesser ce massacre.
« L’erreur Boréale »
a été réalisée pour faire surgir un sentiment de révolte au cœur des
hommes. Théoriquement, la forêt
est publique. C’est pourquoi ce film a été mis sur le marché. Nous avons
donc notre mot à dire et nous nous devons de demander une enquête publique sur
ce sujet qui appuierait sûrement tout ce qui a été dit à l’intérieur de
ce documentaire. L’actualité, quant
à elle, avance qu’il y aurait des erreurs de Desjardins dans ce film qui
aurait été placées pour aggraver le problème, comme la comparaison entre la
forêt boréale et celle de Suèdes, ils ont aussi critiqué le réalisateur de
filmer du haut des airs où nous ne pouvions voir la régénération des
territoires. Mais ne croyez-vous pas qu’il faut montrer l’extrême des
choses pour que la population prenne conscience des enjeux ; et malgré
cela les réactions du peuple n’ont pas fait assez de vagues aux yeux de notre
poète québécois, fin défenseur de nos forêts boréales. Ce film de grande réalisation,
à grand renfort de textes et
d’images chocs, frappe par son style poétique inspiré par l’auteur,
et frappe en plus par la vitesse des images qui défilent sous nos yeux.
Il
veut montrer de façon réaliste l’immense territoire du Québec qui se fait
blesser par des millions d’hommes qui ne semble pas prendre conscience de tout
le mal qu’ils font aux terres du Québec. La contradiction entre les paroles
des contremaîtres forestiers et celles des « Green Peace » dans
l’âme nous démontre le mensonge qui plane dans ce milieu des coupes et tout
ce que les compagnies ont le pouvoir de nous cacher s’ils le désirent. Le
peuple est mis à l’écart du pouvoir de décision et ne possède en aucun cas
le droit de parole face à ce sujet, et c’est cela qui est désolant. S’il
est vrai que Desjardins a dû amplifier la réalité des coupes à blanc, je
suis l’une de ceux qui le soutiennent, car, par ce documentaire nous avons pu
voir que bien des gens avaient des éléments à se reprocher. Habituellement,
lorsqu’on doit se défendre, c’est que nous avons quelque chose à nous
reprocher, et les compagnies forestières ont cherché à nier cette culpabilité.
Devons nous croire une bande de petits coupeurs de bois qui ne manifestent pas
le désir d’arrêter de détruire notre trésor public ou un coupeur de paille
qui par ses mots nous fait voir le monde de la déforestation sous son véritable
jour ? À vous de choisir ce qui est le mieux pour vous. Garder les yeux
fermés et les bras croisés dans notre salon à écouter la télévision au
canal météo ou suivre la vague Desjardins qui ne demande qu’un petit appui
pour continuer de défendre le problème qui lui tient le plus à cœur :
le génocide de notre monde où nous sommes nés… La forêt boréale.
Questions :
·
Que pensez-vous de la vision de Desjardins sur la déforestation du Québec ?
·
Les images que nous avons vues dans le film « L’erreur Boréale »
sont-elles partout les mêmes à grandeur du Québec ou c’est seulement aussi
horrible entre Waswanipi et le Lac au Goéland ?
·
Demandez-vous l’avis des Cris lorsque vous détruisez leurs réserves
indiennes ?
·
Pourquoi le Gouvernement provincial ne se soucie pas plus du sort des
forêts québécoises ? Y a-t-il un arrangement (quant à l’argent) que
nous ignorerions ?
·
Le quota de bois couper dans une année est-il respecté ou les ouvriers
coupent sans s’inquiéter de
l’avenir de nos forêts ?
·
Quelle est votre vision (sans vous occuper de votre chèque de paye) sur
ce sujet, qu’en pensez-vous après avoir visionner ce film ?
·
Se fait-il encore de la coupe à blanc ? Et que pensez- vous de ce
moyen de faire les choses ?
·
Lorsque l’informatique a pris de l’ampleur les gens nous avaient
fait croire qu’il y aurait une économie de papier, mais c’est le contraire
qui s’est produit, la production à doubler. Quels moyens prendront les
industries pour économiser le papier, car il est évident de croire que dans le
futur les forêts seront menacées, donc nous devrons protéger notre ressource ?
·
Selon vos statistiques, avec le logiciel Sylva,
dans combien de temps la ressource forestière manquera-t-elle ?