Cultivés
ou culturés
(La
culture de nos jeunes)
·
80% des jeunes achètent des
disques, des cassettes, des journaux ou des revues.
·
40% sont attirés par les
spectacles de musique, de théâtre ou de danse.
·
2/3 ou 66, 667% fréquentent les
discothèques.
·
80% vont au cinéma de façon
plus ou moins régulière.
·
75% s’adonnent aux sports.
·
60% s’impliquent dans les
activités parascolaires de leur école.
·
½ ou 50% lisent des livres et
en dévorent.
·
1/3 ou 33,334% jouent d’un
instrument de musique.
·
+ 1/3 choisissent un milieu
artistique au collège : arts plastiques, lettres, communication, danse, théâtre.
·
La télévision les occupent
environ 20 heures par semaine et pour l’audition de la musique (radio,
disque), c’est encore plus.
(Selon le livre « Sociologie de
la famille du Québec »)
Il est aussi important de noter que les jeunes ont beaucoup de temps et
qu’ils l’emploient aux activités parascolaires et aux loisirs. Ces
statistiques peuvent changer selon le milieu où nous avons grandi, comment nous
avons été élevés, notre milieu socio-économique et notre sexe.
Notre animateur de parascolaire au collège d’Alma, a remarqué
qu’avec les années les jeunes s’impliquaient beaucoup moins, que leur fidélité
et leur solidarité à un groupe ou comité est absente, s’il n’y a pas de récompense
($), les étudiants n’embarquent pas. Il a aussi constaté que les valeurs
avaient bien changé (nostalgie)… Les
étudiants s’occupent beaucoup plus de leurs relations amoureuses, de leurs
biens matériels et de leurs apparences. « Ils ont vieilli avant leur âge
et ne pensent plus à faire leur jeunesse », s’empressa-t-il d’ajouter
en riant. Quant à Marie-Christine Bernard, lorsque je lui ai demandé comment
voyait-elle ses étudiants aujourd’hui. Elle m’a répondu, qu’ils en
savaient déjà beaucoup, que leur niveau de culture était assez fort
comparativement à l’époque de la colonisation, mais que les jeunes
manquaient de discernement, de sens critique et d’ouverture d’esprit face à
aux œuvres étudiées en classe. Elle trouve décevant de voir le manque d’émerveillement
de ses classes de littérature et leur côté un peu blasé. Et ce n’est pas
faux ! Pas faux du tout ! Notre génération éprouve de la difficulté
à exprimer leurs émotions de manière explicite. Elle aime ou elle n’aime
pas. Ne demandez pas pourquoi ? Ils aiment parce que c’est « cool ».
Ils n’aiment pas parce que c’est plate.
À mon avis, la culture générale et les connaissances des jeunes
d’aujourd’hui ne sont pas plus faibles que celles de nos grands-parents, et
sont équivalentes à celles de nos parents. Les êtres humains ont trop souvent
tendance à comparer les générations d’avant ou d’après
parce qu’ils ne sont pas semblables à eux et qu’ils ne s’intéressent
pas aux mêmes choses qu’eux. Comme vous avez pu remarquer, avec les
statistiques du livre de la « Sociologie de la famille du Québec »,
les étudiants, non seulement du collège d’Alma, mais de toutes les écoles
du Québec, s’intéressent aux médias et aux arts pour ainsi se familiariser
avec les domaines qui caractérisent la culture québécoise : le cinéma,
la télévision, la musique, la radio et Internet. De plus, puisque les étudiants,
selon Eugène Bilodeau, aiment beaucoup mieux travailler en solitaire
puisqu’ils ont plus confiance en eux qu’aux autres, il est beaucoup plus
facile de s’informer et de se
cultiver, car il faut tout faire nous même.
À Alma en particulier, il est plus difficile de pouvoir vivre son art ou
découvrir de nouvelles réalisations et créations. La ville est petite, la région
isolée, alors nous manquons de ressources artistiques, bien que celles que nous
possédons essaient de survivre tant bien que mal. Par exemple, Alma possède un
musée décrivant l’histoire de la colonisation du Lac-St-Jean, une salle de
spectacle l’Auditorium, qui fait de son mieux pour inviter des artistes de
Montréal ou de monter des spectacles renommés pour ainsi faire découvrir tout
ce que les gens de la région ne peuvent pas voir, il y a aussi le Café du
Clocher qui prête sa scène pour une bouchée de pain aux musiciens ou poètes
qui veulent exposer leur talent au public d’ici. Mis à part ces lieux, la
culture n’est pas mise au premier plan, elle se retrouve dans les livres de la
bibliothèque et ne se vit pas hors de ces lignes. Dans le cadre scolaire, il y
a des activités comme les spectacles des étudiants en musique, le lancement de
la revue Calliope où les écrivains peuvent exhiber leurs œuvres, les
expositions des ATI ou leurs performances, la pièce de théâtre de la troupe
du cégep, mais encore là, les adultes croient que nous ne sommes pas assez intéressants
ou compétents, malgré le succès de
ces événements locaux année après année.. Peut-être que ce n’est rien.
Que ça ne prouve rien. Mais je peux vous dire et je sais de quoi je parle car
je suis étudiante ici, que les jeunes sont assoiffés de connaissances sous
leur armure de caillou indifférent
qui les poussent à dire que tout est démodé ou qu’il n’y a rien qui
attire leur intérêt. La preuve, la majorité des élèves du collège étudie
dans un milieu général qui les oblige à reprendre les rangs, direction
l’université… Il est vrai, il y a des jeunes qui ne sont
préoccupés que par un champ, une spécialité, mais habituellement ils
développent leur sujet de passion au maximum, à cent pour cent.
Finalement,
l’état de la culture au collège d’Alma n’est pas dramatique, ni négligée.
Les étudiants prennent au sérieux tout ce qu’ils doivent accomplir comme tâche,
tout ce qu’ils doivent analyser et créer. Tant qu’il y aura des artistes
pour continuer l’œuvre de nos anciens, l’œuvre des romantiques, des surréalistes,
des rococos, des dadaïstes et de tous ceux qui ont défini la culture par leur
vague d’inspiration, il y aura de l’espoir. Car les écrivains, les
peintres, les poètes, les musiciens, les politiciens et toutes les personnalités
publiques influencent le cours de l’histoire pour ainsi agir sur la mentalité
et des jeunes et des adultes. Si nous avons peur de l’inculture de notre génération, peut-être faudrait-il
se pencher sur le cas des plus vieilles que nous, car l’ignorance n’a pas
d’âge… et l’idiotie aussi ! Donc ce texte se termine comme il a
commencé, en réaffirmant que toutes les connaissances humaines sont relatives,
car la culture se retrouve dans tout : la politique, la peinture, la
sculpture, les lettres, les médias, les sports, les voitures, la collection de
papillon, la décapitation d’une grenouille dans un laboratoire de biologie,
l’art du cirque, l’art de faire rire, l’art de mentir, l’art de
manipuler, l’art de défendre ses droits, l’art d’écouter Passe-Partout
en cachette, l’art de trouver Brassens l’homme le plus honorable du millénaire,
l’art de vivre, l’art de mourir, l’art de raconter, l’art de commencer
des histoires, l’art de les finir par une énumération de sept lignes,
l’art de mettre trois petit points qui sous-entend que… c’est le temps de
taper fin…
-Fin-