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Réflexions de la dame
du peuple à quelques heures du jour J...
Quand les poules auront des dents
Depuis à peu près deux semaines, les analystes
politiques attendent de pieds fermes le jour où nos chefs se
lanceront dans l’arène pour se faire bouffer par les lions. Comme
ça, de leur salon, ces mêmes gens qui contrôlent médias peuvent
faire tourner la campagne comme ils le désirent réellement seulement
par la couleur de la cravate d’un chef pendant le fameux débat. Ils
en font déjà ce qu’ils veulent depuis le début, anyway, de cette
campagne.
Ils n’ont qu’à montrer la plus belle photo de Charest pour que la
population oublie toutes les conneries qu’il a pu faire en quatre
ans et qu’elle le réélise pour un second mandat. Comme au Québec un
premier mandat n’est pas assez pour qu’on se tanne complètement et
qu’il faut qu’on se foute dans la merde jusqu’au coup avant qu’on
décide de réagir et de dégeler.
Ils n’ont qu’à faire parler les sondages en faveur de Dumont pour
que tous les indécis penchent vers ce parti ou que les gens
s’informent enfin sur son programme et s’indignent sur ses
propositions disons opportunistes.
Ils n’ont qu’à photographier un Boisclair au large sourire, pas à
l’aise dans ses pompes pour que tous se disent : « Mon Dieu qu’il
n’est pas un bon chef! » Ou de passer à la télé la phrase compliquée
qu’on ne comprend pas pour que tout le monde gueule qu’il s’exprime
comme un plouc.
Ils n’ont qu’à effacer Françoise David (qui fait la campagne la plus
clean depuis 50 ans soit dit en passant) pour que la population
déclare que son parti n’est pas crédible. Pour une fois qu’une chef
de parti est humaine et qu’elle parle simplement avec la voix du
peuple, des besoins du peuple. On l’étouffe et en fait un parti de
second ordre,sans envergure comme s’il était un regroupement
d’idéalistes qui ne savent pas de quoi ils parlent. Si nous avions
le vote proportionnel, tous les partis auraient la possibilité de se
faire entendre.
Pas de Québec solidaire au débat. Bien sûr que non. Avec lui,
peut-être aurions-nous assisté à un réel débat, alors que nous
n'avons eu droit qu'à un combat de coqs qui cherchent leurs dents
pour arracher la face de l’autre et à des discours vides.
L’expression «quand les poules auront des dents» s’est réellement
concrétisée à ce débat des chefs. C’est encourageant de croire qu'
ils ne réalisent leurs promesses seulement dans ces moments-là.
À part les Zapartistes et une petite clique de sympathiques
personnages, y a t il d’autres gens qui crieront: «Y’a toujours ben
des ostis de limites à se faire bourrer comme des cruches!» Meunier
et son «Ding et Dong, «le film» m’aideront à vous encourager à
prendre les rues et les pancartes ou à opter pour un X de renouveau:
« Pis toi, t’aimes-tu ça être une cruche? »
Allez voter! Soyez vivants,
indignez-vous! La dame du peuple
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Je serai infidèle...
Je m’apprête à poser un geste complètement hors de
mon contrôle. Moi qui suis, depuis que j’ai l’âge de voter, fidèle
comme le meilleur ami de l’homme à sa couleur de parti. Parti qui a
servi corps et âme son peuple depuis qu’il a été mis sur pied. Parti
qui s’est mis à nu et battu pour tant de droits, tant de services,
tant d’actions penchant du côté de l’humain et non de l’argent.
Je me prépare à coucher dans le lit de quelqu’un d’autre. À faire
une cuillère parfaite avec un parti qui aurait dû être annexé depuis
longtemps à celui pour lequel je clamais ma préférence. Mes anciens
amours sont morts avec le quotidien et la routine. Nos anciens
partis (PLQ, PQ, ADQ) se sont enfoncés dans de vieilles habitudes
qui ne tiennent plus la route.
Comme l’église catholique qui prône de vieilles croyances et qui
accepte avec difficultés de suivre les réalités sociales, les partis
politiques qui sont en place restent sur leur position et refusent
de tourner la page de leur Kama-sutra afin d’essayer de nouvelles
expériences.
Dans un couple, il faut être deux pour que ça marche. L’homme, étant
parti politique au pouvoir ou opposition qui sera mis cocu. La
femme, la population fidèle, épuisée et à bout de devoir faire tous
ces efforts pour tenir son couple en vie, pense à sauter la clôture.
Il n’y a pas qu’à droite que l’homme peut placer son engin dans son
pantalon social pour être confortable sans compromettre son pouvoir
de procréer. S’il faut le prendre dans notre main et le secouer pour
réveiller son dynamisme, nous le ferons.
Au lieu de cela, l’homme reste coi en attendant un coït provoquer
par la femme. Désolé, mais vous ne pouvez pas rester là à faire la
planche lorsqu’un autre homme, beaucoup plus rose que vous et à
l’écoute de votre femme, est dans les parages et tourne autour pour
l’amener sous la couette.
Depuis combien de temps je vis dans un couple où je me complais et
où je ne remets rien en question. Je me dis depuis quelques temps :
«Nous n’avons plus rien en commun lui et moi, si je rencontre
quelqu’un d’autre je serai ouverte à toutes propositions». Jusqu’à
maintenant, les autres hommes ne m’intéressaient aucunement. C’était
avant sa venue. Cet homme est arrivé dans ma vie dans une période où
j’étais ambivalente. J’ai l’impression qu’il est le premier à
comprendre vraiment la femme et à le mettre en valeur. Il a envie de
développer une relation stable et à mettre tout en oeuvre pour que
les meilleures conditions de couple s'épanouissent.
Le PLQ est trop vieux pour moi. L’ADQ trop traditionnel. Le PQ ne
fait plus d’effort pour me séduire. Le QS touche à l’essentiel, à
l’humain, mais...
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La dame du peuple.
Je voulais seulement vous rassurer, et vous dire qu'en fin de
compte, j'ai retrouvé la raison. Je voterai PQ. C'est pas vrai que
je vais diviser le vote et que «l'ADQ opportuniste et superficiel»
va passer comme gouvernement ou opposition officielle. Ce serait une
catastrophe.
Les citoyens commencent vraiment à me décourager, est-ce que c'est
normal qu'à mon âge je trouve que la société dérape et prend des
chemins ridicules. Étiez-vous comme moi à 26 ans?
Des fois je me dis que le peuple ne s'informe plus sur leurs choix
politiques et qu'il veut seulement voir si ça va être moins pire.
Faut quand même comprendre qu'après ça, on est pris 4 ans avec eux,
bâtard!
Prenez seulement les conservateurs au fédéral... on a un ministre
conservateur à Jonquière, mais les gens l'ont élu juste pour être du
côté du pouvoir. C'est quoi le trip quand on sait qu'on va devenir
un compté conservateur, dirigé par Stephen Bush Harper...
La démocratie est un peu malade ces années-ci. J'aime mieux croire
ça que de me dire que ce sont les citoyens qui sont complètement
aveugles et désinformés. Il nous faudrait un vulgarisateur neutre et
objectif, un Michel Chartrand qui pourrait gueuler et expliquer les
vrais enjeux sociaux.
Voilà où j'en suis dans mes réflexions politiques de fin de campagne
(en passant je trouve que Boisclair est tellement rendu solide, il
devient de plus en plus crédible.)
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Nouvelles réactions à 3 jours du
scrutin...Quelle famille!
Lac-St-Jean
23 mars 2007
CONSTAT POLITIQUE
Après avoir siégé autour d’une table de réflexion
proposée par l’Institut du Nouveau Monde (INM) les 16 et 17 mars à
Jonquière, qui nous posait la question cruciale « Que voulons-nous
que devienne la culture québécoise ? »,voire qu’il faut donc
réfléchir en se projetant aussi loin que 20 années plus tard au
Québec, après cet exercice intense, qui demande de débloquer un peu
de jus dans les neurones (oui, nous avons ce qu’il faut pour
réfléchir), bien je fais ce
constat politique.
Durant ces deux jours à l’INM, les intervenants sur place
mentionnaient à tous les tournants l’importance du partenariat,
l’importance du réseautage, de faire des liens, on est ainsi plus
fort, etc. Alors, je me dis : « pourquoi donc Québec Solidaire n’est
pas venu se joindre au
Parti Québécois ? », « il me semble qu’ils se seraient bien
complétés… ».
Aurait ainsi été créé le Parti Québécois Solidaire. Aurait ainsi été
partagés l’expérience de l’Assemblée Nationale, l’histoire d’un pays
à faire, les enjeux actuels, l’espoir face au progrès, et cela dans
une vision pouvant trouver consensus.
Mais bon, ce n’est pas ça qui se passe. Alors, on est divisé. Non
seulement les Québécois sont divisés, mais ils le sont en trois
maintenant. Sectionné en trois le pays…
Et cela dans une bataille sans
fierté, dans un écran sans scrupule qui nous montre, à la queue leu
leu (chacun attend son heure de gloire…), analystes de cravates,
journalistes agressifs, chroniqueurs subjectifs, etc. Qu’est-ce
qu’on en a à s’acharner autant sur l’image du chef de parti ?
En quoi M. Dumont me ressemble-t-il ? Il a beau être dans la
trentaine, parler de famille et de PME, je suis désolée, j’ai
toujours l’impression en l’écoutant d’entendre Jean-Luc Mongrain à
TQS. Je ne voudrais pas le 27 mars qu’il soit premier ministre ni
chef de l’opposition officielle parce que l’on vivrait alors au
Québec une longue période de remous dans tous les domaines, remous
qui s’attaqueraient à des structures qu’on a mis des années à
échafauder. En plus, sa plateforme ne présente aucun grand pointsur
les arts et la culture. Je sais qu’avec l’ADQ, je peux abandonner
mon entreprise d’édition de littérature actuelle et retourner servir
des touristes à Tadoussac.
L’image de M. Charest, vous voyez,
il y a quatre ans, je l’avais en horreur, aujourd’hui, elle s’est
améliorée. Je trouve que c’est un homme respectable, solide,
informé, averti. Est-ce que cela signifie pour autant que je dois
lui confier mon vote et croire en son projet d’avenir ? Non. Car
l’image ne compte pas. Les montées d’hormones médiatiques non plus.
Étant résidente du Lac-St-Jean, jeune, génératrice d’idées,
entrepreneure et artiste à la fois, bientôt maman, mes
préoccupations principales se concentrent sur les candidats de ma
région. Et, au départ, un candidat devra répondre à plusieurs
critères pour gagner ma confiance : proposer un savoir, une culture
générale impressionnante, une curiosité à être plus informé que
n’importe quel citoyen du Québec, une motivation aussi à être le
plus actuel possible, d’être de son temps, de son époque, de
s’ajuster aux nouvelles réalités que vit le Québec dans le monde.
Moi, M. Boisclair, je le trouve intelligent (je suis sûre qu’il sait
c’est quoi le Conseil des Arts et Lettres du Québec, lui) et
son parti s’actualise toujours. Le PQ, c’est un parti qui est
toujours nécessaire, qui doit exister encore. C’est pour ça que je
l’appuie.
Oui, Québec Solidaire me rejoint
énormément. Je suis de ceux et celles qui croient que l’avenir est
dans le développement social et les rapports humains. Mais comme le
Québec vit une crise de valeurs, à mon avis assez sévère, je trouve
cette fois que mon vote ne doit pas jouer le rôle d’exprimer mes
valeurs mais plutôt que ce vote éponge la crise en donnant la force
au PQ, en limitant les dégâts, en optant pour une équipe de gens
inspirants qui rêvent encore…
Parce que si chaque campagne électorale nous fait grandir, et bien
celle-ci m’aura permis de m’affirmer en tant que souverainiste. Je
n’y pensais plus trop, j’y ai toujours cru mais bon, j’avais
d’autres priorités... Et cette fois, en discutant avec des gens
autour de moi, j’y ai consacré énormément d’importance. On dit que
Québec Solidaire est un parti qui a un rêve, qui a un projet. Le PQ
rêve aussi et a toujours eu ce projet qui ne l’a jamais quitté.
(Pour
quand le Parti Québécois Solidaire ?)
Quand je me pose la question que l’on devrait tous se poser tous les
jours, « Qu’est-ce que
je veux que soit la culture québécoise dans 20 ans ? », une partie
de la réponse dit que je
veux que le Québec soit un pays. Pour les raisons que tout le monde
connaît.
(la soeur de la Dame du peuple)
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Lendemain
douloureux
Je suis complètement
outrepassée. Complètement sur le cul et sans
voix. L'électeur du Québec est en pleine crise
identitaire, en crise d'adolescence
souvent désabusé voire indifférent au lieu de
mettre son énergie à se développer correctement.
Aujourd'hui, j'ai les jambes
sciées. Je sais, je dramatise, tous autour de
moi me disent que c'est pas si pire, on va se
reconstruire et reprendre des forces. Je suis
absolument d'accord avec ce discours, mais je
trouve quand même qu'il y a eu un dérapage
flagrant au niveau du vote. Les électeurs ont
voté curieusement sans trop mesurer les
conséquences, ils ont mis une croix de
contestation. La démocratie ne consiste pas
seulement à dessiner un X à chaque 4 ans, c'est
aussi s'investir, se mettre en branle et en
action dans son propre parti. . On défend un
parti depuis X temps et quand il fait des gaffes
au lieu de le soutenir et de se rallier, on
passe à côté dans la rue en faisant semblant de
ne plus le connaître. Puis quand on voit les
dégâts, on s'excuse, on se culpabilise et on dit
qu'on avait pas pensé à ce scénario...
À quoi ils servent
ces 33 jours de campagne si ce n'est pas à
réfléchir aux scénarios possibles? Ils doivent
servir à informer et prendre les
meilleures décisions pour l'avenir du Québec,
même s'il faut faire des concessions.
Ce n'est plus le temps, ce
matin de se flageller en disant (comme Jean
Leclerc): «J'ai mal agi, j'ai mal agi, j'ai mal
agi...» Il fallait y penser avant. Je ne suis
plus capable d'entendre cette insidieuse phrase:
«On voulait du changement... » Créez-le le
changement dans votre propre parti en vous
impliquant pour l'évolution de la société au
lieu de changer de parti comme vous changer de
chemises... Loco Locass dit dans de l'un de leur
texte: «Changement, changement on veut du
changement n'importe quoi pour les Québécois
pour vu qu'on soit dans le champ.» Voilà. On y
est dans le champ. Bonne cueillette de petites
fraises, en autant que ça ne dure qu'un an ou
deux.
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2007-03-29
Post mortem de la
campagne électorale provinciale du Québec en 2007
Après 33 jours de campagne, trois
partis se retrouvent presque nez à nez au Québec. Du
jamais vu depuis une centaine d'années dit-on. Rien ne
sera plus pareil.
L'ADQ de Mario Dumont a fait une
percée in extremis dans l'opinion populaire, en
remportant 41 comtés et en se classant bon deuxième dans
une quarantaine d'autres comtés, soit 36 de plus qu'à
l'élection précédente. Les Libéraux de Jean Charest même
réélus au pouvoir de justesse subissent aussi fortement
le mécontentement de l'électorat avec une perte d'une
trentaine de comtés et une chance qu'ils avaient l'appui
presque inconditionnel des anglophones. Et que dire des
péquistes d'André Boisclair qui se voient acculés au
pied du mur et même ravir l'opposition officielle
avec un maigre 36 comtés.
On peut chercher la bibitte et
trouver mille excuses. Je crois qu'il y a eu une foule
de raisons mais les plus importantes sont sûrement un
ras le bol des "vieux partis"; la redondance des
promesses qui n'aboutissent pas; la conjoncture
politique à Ottawa depuis la dernière élection fédérale
avec la sortie d'un budget favorisant le Québec, la
reconnaissance de la nation québécoise qui venait couper
l'herbe sous le pied des nationalistes; la précarité des
emplois ou l'instabilité grandissante des jeunes et
moins jeunes face à l'avenir quand se multiplient à
chaque jour fermetures d'usines et scandales de toutes
sortes; le vieillissement de la population avec ce que
cela occasionnera de manque à gagner ou de coûts
supplémentaires; la situation dans la santé qui ne
s'améliore pas; la naissance d'un nouveau parti, Québec
Solidaire, qui vient gruger dans le bassin de
l'électorat péquiste; les médias de plus en plus
visibles par des analyses journalières très pointues,
qui monopolisent et centralisent l'attention sur les
chefs en particulier ou sur un fait saillant plus ou
moins positif de la journée; un Boisclair qui a mis du
temps à émerger et à convaincre même ses propres
partisans.
Je crois que le vote du 26 mars
reflète bien toutes ces préoccupations et que Mario
Dumont a su comptabiliser tous ces dossiers négatifs et
offrir des solutions souvent imparfaites mais qui
donnaient un peu de réconfort et de rêve aux électeurs
dépités du laxisme du gouvernement en place et qui se
sont dit qu'ils n'avaient rien à perdre. C'est de bonne
guerre et l'avenir nous dira si
l'autonomisme à la Dumont sera
plus payant que tous les combats menés, sans gains
notables, par tous les premiers ministres précédents,
tous partis confondus.
papa
de la Dame du peuple |