Un
conte de fée
Il
était une fois, dans un pays lointain du nôtre, où planait une tranquillité
et sérénité certaine, une petite princesse. Cette princesse était bien
souvent seule et triste, car sa maison était si grande, si vaste,
qu’elle se perdait
de temps en temps dans les 232 pièces du château… Alors elle allait
jouer dehors pour s’amuser avec les souris, les lapins et les chats qui
gambadaient tous les jours dans la basse-cour du palais royal.
Mais…un
jour, à la cour, il n’y avait rien de pareil… tout était changé. Il y
avait du tapage, du brouhaha. Les gardes couraient à travers tout le château,
le Roi criait aux serviteurs et aux cuisinières qu’ils n’avaient pas le
temps de lambiner et qu’il y avait du boulot pour tout le monde. Tous les
habitants du château de la petite Léonie traversaient les couloirs à la
course portant de lourds plateaux, d’immenses chandeliers et de fabuleux
bouquets de fleurs servant à décorer la salle de bal. Dans un coin isolé de
tout, on pouvait entendre une bande de musiciens qui pratiquaient les airs
favoris de la Reine ; il y a avait des
violonistes, des flûtistes, et des joueurs de cithares.
À l’écart de toute cette folie passagère, on remarquait notre adorable petite princesse Léonie. Elle dansait sur des airs de violons, faisait des révérences et de grandes courbettes en disant : « Heureuse de vous voir ! Vous êtes toute en beauté ce soir ma chère ! » Léonie rêvait de la soirée qui s’annonçait, elle savait que son père, le Roi, avait invité des familles nobles et riches à venir fêter ce jour très spécial. Aujourd’hui sa bonne mère, la Reine, fêtait son anniversaire. Ça faisait déjà vingt-huit année que sa marraine la fée Madeleine l’avait remis dans les bras de son père et de sa mère, tout deux Roi et Reine du village voisin. Léonie se languissait de voir tournoyer les grandes robes roses, vertes, argentées, écarlates et dorées sur des rythmes de valse langoureux. Elle voulait voir les grandes princesses distinguées au cœur chaud et frivole. Elle aimait s’imaginer les hommes gantés, portant nœud papillon, très élégant, beau parleur et grimaçant pour ne pas échapper leur monocle.
Le
temps passait très vite, il passait aussi vite que les serviteurs du Roi, aussi
vite que les fantômes qui se promenaient à chaque étage, même aussi vite que
les souris qui se cachaient sous les lits dans les chambres des invités.
L’horloge grand-père sonna six coups, puis à son tour le
carillon de la porte. Hector le servant du Roi se leva puis ouvrit…
Tiens ! Voilà grand-père, le Roi Benoît tenant à son bras la Reine Irène.
Léonie est tout excitée. Elle saute, crie et rit très fort. Monsieur le
carillon ne cesse plus d’annoncer de la visite surprise… Son parrain, le
prince, vint lui serrer la pince. Sa fée marraine la salua d’un
« prout sur la bedaine » et lui offrit un bijou, un
bizou…. Puis arriva Chichi la souris, sa meilleure amie. Léonie la
prit, la cacha dans le pli de ses petits bas, puis elle rit, car la sourit la
chatouillait.
Une
fois tout ce monde arrivé, la princesse Léonie ouvrit le bal dans les bras de
son parrain, accompagnée de la Reine et du Roi sur la piste de danse.
L’horloge sonna neuf coups. Ding ! Ding ! Dong ! Ding !
Ding ! Ding ! Dong ! Ding ! Dong ! Les parents joyaux
(joyeux et royaux), vinrent chercher Léonie en lui disant : « Il
est tard maintenant, monte à ta chambre avec ta Nounou, il est temps de te
coucher ». Léonie bien sagement monta, regarda une dernière fois les
danseurs et les danseuses, puis alla se coucher. Ce soir-là, la fée marraine
vint poser son souffle magique sur les paupières de sa jeune nièce. Léonie rêva
alors de musique, de danse, de chants et de magie. Tout était si merveilleux
dans son rêve !
À
son réveil, elle sourit, car
son père lui avait annoncé une magnifique surprise pour son
anniversaire… UN BAL MASQUÉ ! ! !
La fée Sophie