Mylène Bouchard Dite Fourmi Acrobate

RECUEIL DE NOUVELLES

Bout de terre

Un doute en plus et c'est certain

Alitement

Trapèze

Bambin Lambin

Mon chien est mort

La nuit Baba

Résidence de l'existence

Médium saignant (ou Intense et Pudique)

Sur l'eau, l'au-delà

Étendre le sujet (ou Arrêtez-moi si je m'égare)

Outre-ouest

BOUT DE TERRE

Alors, ça va comme je suis... Il y aura dans ces mots, dans ces montagnes, et ces montagnes de mots, tout le long de la côté océane puis longeant la campagne, et effleurant le trafic, le pas urbain parfois minuterie, il y aura, il y aura, quelques indices... Vous tenez là une carte révélatrice de secrets, les phrases en sont le trajet jusqu'à la découverte, l'éclat... PAF ! Ça pète, ça pète, ça fume, ça se propage ! Il y a eu un attentat à la pomme-grenade à l'hôtel-de-ville. Poursuite dans les ruelles. Les matous sont délogés de leurs poubelles...

Les chasseurs de têtes folles armés jusqu'aux dents ne démordent pas la prise au piège. Les mangeurs de clown se sont enfouis dans les collines, grimpent l'abrupt, se nourrissant de grenadines et autres fruits ruisselants. Ils posent des gestes ces bouffons, des attentats pour atteindre les insensibles, les non-conscientisés, plusieurs politiciens. ILS N'ONT JAMAIS TUÉ PERSONNE ! Plusieurs jours, ils ont marché, tapant leurs cuisses, glisse, glisse... Roulades dans les pentes verdoyantes. Ils ne fuient plus les chasseurs de proies vivantes. Ils sont libres !

Trentre-quatre sauts de moutons vers les moutons marinés à l'eau fraîche ! Le trésor se cache sûrement par ici... Bonbonnes d'oxygène et panier à pique-niquer. PLOUF ! SPLASH ! Allô ! Flore et faune aquatiques. Je pense à tous ceux qui ont peur de se mouiller... Quelle sensation d'adrénaline, ils ne connaissent pas, ils ne se connaissent pas... C'est par là ! Hé ! Là-bas ! Ça brille ! Ciboire ! C'est beau !

 

 

UN DOUTE EN PLUS ET C'EST CERTAIN

On m'a imprimé sur une feuille, c'est certain ! Poing au menton... Je suis embêtée... Feuille de vigne, feuille de saule ou papier sablé ? Bon, je doute. Poils au menton ! Sage doute... La barbe effile la réflexion, la moustache s'est lové autour de mon nombril. (surprise) J'en ai un !

Je suis née, c'est certain ! Gratte, gratte le cuir, gratte la chevelure... Au bassin ! Bon, je ne sais plus. Je conteste ma vague, là où mon toupet se sépare, saluant de la main, d'un cheveu, en un adieu. La rosette de mes sourcils me dit, cornue : "Tu ne défriseras pas !"

"Je suis, je suis... composée tiens !", ai-je voulu tenir bon et offrir bonne impression. Déboires ! Je ne suis plus une composition, c'est certain ! La défense, ce n'est qu'une parole parabolique qui dépasse la pensée. Doute debout ! La rosette, c'est la raison !

Je suis debout ! Je suis debout et soulagée... Chose claire, c'est une chose certaine. Je jette mes yeux par terre. Je ne les trouverai plus, je ne peux en douter. Je ne vois pas mes pieds ! Je piétine un peu, un pas, deux... Un galop, deux galops... J'ai des sabots ! Deux seins me sabotent la vue. Attendez ! Il y a une inscription calligraphique, jolie, rougie, sur l'un d'eux, en voilà une copie :

"Comme un être humain,

je bats.

On dit un coeur

mais je suis féminin.

Je n'ai qu'un sein,

l'autre, c'est l'extérieur de mon coeur.

Nu !

Petites tenues !"

Je suis déshabillée. Je me replie, les genoux comme un foulard. Je ne suis pas bien ainsi... Je vous le dis intimement... Il y a d'autres positions que des affirmations. Suis-je déshabillée ? Tiens ! Il y a les inversions. Ça me vêt. Ça me va. Vous allez ?

Moi, je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je suis ! Un génie sur une tapisserie ! Oui... (songeuse) On m'a donc oubliée, je ne suis pas posée... C'est alarmant ! Je vais éternuer. Houlà! Il y a de la poussière dans mon nez... Du balai ! Du balai sorcière dans un sorcier !

C'est à se demander si je suis un humain... Si je suis de chair sans être humain, on va me manger, c'est certain ! Là, il y a ma langue qui m'a dit, en me coupant la parole : "Je peux t'aider à te goûter, tu sais. J'aime le sucré !"

J'hésitai, c'est certain : "Et si je goûtais amère ou si j'étais salée comme la mer... " Ma langue de me réconforter en français : "Je me plierai en deux et liée avec les dents, je mourrai de rire, avariée. Alors, l'estomac s'occupera de toi. C'est lui, le plus flexible dans tout ça !"

Je suis paniquée, c'est certain ! Je me tâtai le pouls, lui-même énervé et surexcité. Agressé par le bruit, il avait fui le coeur où il régnait un vacarme à fracasser les fenêtres avec une brique. Même la nuit, après onze heures, les tremblements rythmiques, pompeux, hurlaient à la lune comme les loups sont heureux. Je courus derrière mon pouls. Je le manquai de peu au poignet. Au cou, je sentis que j'existais.

Je sentis que j'avais seulement deux dimensions, que j'étais imaginée, que j'étais moi-même le pouls d'un rêveur en trois dimensions. J'oubliai l'idée d'être un papier-peint. J'aimerais être une étoffe ! Ou encore photographiée sur un timbre. La troisième dimension du penseur était l'invention.

J'oubliai mon poing, mon menton, mon nombril et ma fourrure, barbe velue et moustachue, ma chevelure, mon toupet et mon cheveu. J'oubliai ma rosette en double sur mes sourcils oubliés au-dessus de mes yeux égarés sous un meuble depuis dix ans au même endroit. J'oubliai mes pieds galopant, mon sein et mon coeur tapageur. J'enterrai ma langue et fit une croix sur mon estomac ! Je restai là... Je restai là... Je restai là, seule avec son pouls. Poum ! Boum !

Gutenberg s'adressa à moi : "Voilà que je réalise mon désir de te montrer ! Garde ce pouls, je t'imprime !"

 

Si vous avez apprécié et voulez connaître la suite de mes nouvelles...

Contactez-moi: mylene1000@hotmail.com