La Publicité, un moyen d’acheter !  

            Dans une société qui ne vit que pour le capitalisme et l’individualisme, les être humains sont enclins à se faire passer un sapin à longueur de journée s’ils ne font pas attention. Comment, me demandez-vous ? C’est tout simple, par la publicité et tous ses effets manipulateurs chez les consommateurs. Pour les commerçants tous les moyens sont bons afin que les acheteurs sortent les gros sous et achètent leurs produits, pour eux, leurs amis, leur famille, leurs voisins et monsieur le curé, pourquoi pas, en autant qu’ils paient et que la compagnie ait un gros chiffre d’affaire. Le produit n’a pas besoin d’être bon ou d’être de qualité, le produit n’a pas besoin d’être sécuritaire ou de fonctionner à merveille, une seule publicité bien montée par d’excellents publicistes et le tour est joué ! Un million de chiffre d’affaire et ça grimpe encore… Pour vous donner un exemple, ce travail portera sur l’analyse d’une publicité de « Gravol » qui, à mon avis, a mis le paquet afin d’accrocher et d’en mettre plein la vue aux consommateurs.

            Premièrement, les publicistes qui ont réalisé cette publicité ont très bien analysé leur marché type ; c’est-à-dire, qui achètera de ce produit ?  « Gravol » est un produit habituellement vendu pour des enfants de deux à seize ans, alors à qui d’après vous devrait-on vendre ce produit ? À de jeunes mamans inquiètes de la santé de leurs enfants qui couvrent une gastro-entérite et qui vont très mal. À de jeunes mamans qui s’occupent sans compter et de manière très dévouée de leurs jeunes qui sont malades en voitures et qui ont la nausée. C’est donc celles-ci que les publicistes ont ciblées par leur publicité un peu gaga et tellement mignonne.

            Donc, les concepteurs de cette publicité ont mis l’emphase sur quatre points pertinents qui résumaient leur moule et leur modèle de consommateurs (maman ou papa) : le statut civil du consommateur, le temps de son entrée sur le marché, l’âge ainsi que le problème de leurs futurs acheteurs. Pour le premier point, il faut se rendre à la toute fin de la publicité, le statut civil de l’acheteur ressort de la phrase : « Le choix de confiance des familles canadiennes depuis plus de 50 ans ». En citant les mots « familles canadiennes », il y aura sûrement plus d’acheteurs qui sont maries, avec des enfants, et qui se considèrent comme des canadiens de souche. On peut dire que le fait qu’ils soulignent que ça fait à peu près 50 ans que les « Gravol » sont sur le marché est un positionnement basé sur le temps, car c’est un médicament qui dure et qui a fait du chemin avec le temps ; il est vrai que les publicistes ne mettent pas l’accent sur ce détail, mais ils le divulguent tout de même. Quant à l’âge des consommateurs, on le voit par l’image, le petit ourson (prénommons-le Nounours  pour l’occasion), à travers les jouets et dans la chambre d’un enfant, présente fièrement la boite de médicaments au public qui prendra la peine de lire cette publicité parce qu’elle est tellement mignonne à cause de ce même ourson.

 

Puis vient le problème du consommateur  avec quoi les concepteurs se sont fait un plaisir, car ils essaient d’émouvoir les mamans et les papas qui ont des enfants malades de gastro-entérite, autant dans le slogan à la tête de la publicité, autant dans le petit texte sous Nounours (l’ourson).

            Par la suite, un autre moyen que les gens de la pub exploitent, est le choix des couleurs, car celles-ci influencent les acheteurs inconsciemment. Tout d’abord, il y a le bleu pastel (ou bleu poudre) avec un mélange de blanc qui ressort le plus évidemment de la boite, ces deux couleurs assemblées donnent  un effet  nuageux estival qui inspire la liberté, la confiance, la douceur et la jeunesse. La liberté est bien importante dans l’histoire puisque les parents veulent que leurs enfants soient libres de voyager sans être malade ou libérés de cette gastro-entérite qui hante leurs bambins vulnérables et sans défense. Ce même bleu se retrouve dans le fond de la chambre, mais mélangé avec le noir qui lui donne un tout autre sens. Le noir et le bleu sont beaucoup moins positif, car le noir indique la tristesse, donc marié avec le bleu, ça signifie un emprisonnement dans la maladie, par opposition à la libération. L’effet du noir et du bleu en arrière plan pour ainsi avancer vers le blanc et le bleu de la boite que nous montre Nounours, est un aspect très positif, car on laisse derrière la maladie  pour  arriver à la guérison à l’avant-plan. Puis, le brun de Nounours est là pour nous remémorer un retour aux sources, à la terre, aux moments primordiaux de notre vie et dans ce cas-là c’est les mamans ou les papas qui doivent s’occuper de leurs enfants qui sont les plus importants dans leur vie.

De plus, un effet que les concepteurs ont pensé créer est de mettre de la lumière sur toute la scène, qui démontre comme  cela que si les parents achètent « Gravol » ils pourront mettre la lumière sur le mystère de cette maladie. Si on va plus loin, ça peut être la représentation de la lumière de la création divine, d’un esprit ou du Bon Dieu en personne qui vient aider les mamans à guérir les petits mioches.

            Puis intervient le sujet le plus croustillant dans une publicité (roulement de tambour) et j’ai nommé : les textes et le slogan. Tout d’abord, parlons du slogan de l’annonce des « Gravol ». « Une gastro, c’est pas un cadeau. Ni pour les oursons, ni pour qui que ce soit… » La première phrase qui est souligné en gras, de façon insignifiante nous indique que la maladie, n’est pas bonne pour personne, mais si l’on regarde mieux, on voit que les publicistes ont mis une rime (gastro et cadeau) pour ainsi charmer son public cible et pour qu’il trouve cela beau, attirant pour l’œil et pour l’oreille. La deuxième phrase, quant à elle,  met en scène Nounours qui nous dit qu’il a été photographié pour une annonce publicitaire, parce qu’une gastro c’est pas un cadeau pour Nounours. Voici la mise en situation qui, à ce point de la pub, va accrocher ou pas le consommateur. Alors, par la logique, si la maladie n’est pas bonne pour Nounours, elle n’est pas bonne non plus pour nos enfants et pour nous-même encore moins. Qu’est qui peut régler ça ? « Gravol », bien visible sur la boite de médicaments, de la même police en bas de page, sur une ligne à lui seul pour mieux attirer le regard.

 

Au-dessous de Nounours, les publicistes ont employé une stratégie linguistique ; c’est-à-dire qu’ils ont choisi des mots à la sonorité de leur désir. Dans cette petite phrase très courte, par exemple, ils ont inscrit le mot câlins pour faire un lien avec l’ourson qui attire l’attention du lecteur et qui, par le fait même, rime avec le mot bien. Il s ont aussi écrit le mot complet gastro-entérite qu’ils ont fait rimer avec le mot vite, qui dans ce cas-là rend plus fluide le mot médical. Cette phrase à donc l’effet de mettre le consommateur  en confiance, de lui plaire et de lui démontrer qu’il est intelligent puisqu’il est capable de comprendre le mot gastro-entérite. Cette annonce pour être franche, prend un peu l’acheteur pour un enfant lui-même et lui rit en pleine face. Ensuite vient le texte d’information où le style et les effets ne veulent plus rien dire, mais où la fonction référentielle et cognitive prennent toutes deux de la valeur. Premièrement, les scripteurs utilisent des personnes témoins, ou des savants si vous préférez, dès les premiers mots : « Tout comme les médecins et les pharmaciens, les familles canadiennes font confiance à Gravol (…) » En plus ils ont choisi les bonnes personnes pour essayer de convaincre leurs acheteurs, « si les médecins emploient « Gravol », moi aussi je l’emploierai maintenant », c’est cela que les gens se disent lorsqu’ils lisent cette annonce. Dans ce même passage, il y a le mot « confiance » placé à cet endroit pour convaincre et aider l’argumentation de la pub. Puis ensuite revient la même phrase écrite de manière plus intellectuelle : « (…) pour soulager les nausées associées au mal de transport et à la gastro. »

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le slogan, la phrase sous Nounours et ce passage signifie la même chose, mais pour un niveau d’âge différent, le cadeau pour les enfants, les câlins pour les ados et le message sérieux pour les adultes. Tout a été pensé. Et la dernière phrase de ce paragraphe, est dans les règles pour ainsi donner de l’information au maximum. La phrase en gras et en petit suivant le paragraphe commence avec force, première phrase : « Gravol », point final. Cela met de l’importance sur le produit, puisqu’il peut être une phrase à lui tout seul, sans autre mot qui l’accompagne, c’est quelque chose (ironie pour la compagnie). Ensuite les mots qui le suivent, reprennent le même sens du paragraphe ci-dessus : la confiance qu’on doit avoir pour le médicament. À la toute fin, en dessous du gros « Gravol » qui suscite l’intérêt du public, il y a la phrase résumé de la publicité : « Le choix de confiance des familles canadiennes depuis 50 ans. »

            En fin de compte, cette publicité a été produite sous le même barème que toutes les autres publicités, elle doit savoir informer, savoir plaire, savoir, argumenter et savoir suggérer et cette annonce le fait avec brio. Je ne sais pas qu’est-ce qui pourrait arriver si les publicités devenaient simples et neutres, j’aimerais en trouver une seule, car je trouve que les publicistes et les vendeurs en mettent toujours trop pour essayer de convaincre leurs consommateurs  éventuels. Bref ne dit-on pas que le ridicule ne tue pas !