Parlons des Québécois !
(Puissions –nous en parler longtemps
après moi…)
Canadien
français ou Québécois ? Tous les articles étant mis à notre
disposition pour essayer de comprendre ce qu’est la culture québécoise ne
sont en aucun cas capables de dire
la vérité sur notre compte, et quant à se mettre d’accord, c’est une
autre paire de manche… Comme si personne ne voulait déplaire. La culture québécoise,
en fin de compte, est un sujet qui reste dans un mystère complet pour les gens.
Pourquoi ? À mon avis, il est très facile de parler de notre province, de
notre pays qui sommeille en nous tous… Le Québec a toujours été écrasé
par ceux qui ont peur de perdre une certaine liberté (Pouah !) , par ceux
qui ne se soucient pas réellement de ce qui serait bien pour ce futur
territoire (lâcheté !) et par ceux qui font dans leur pantalon
lorsqu’on leur parle de souveraineté (Poule mouillée !).
-Mais
qu’est-ce que la culture québécoise ?
-(air innocent)
Euh… Rapport ! C’pas cool ça man
Personne
n’est apte à mettre un visage sur l’être qui pourrait être défini comme
« le parfait québécois ». Non, ce n’est pas l’homme bedonnant
assis dans son fauteuil « Lazy Boy » tout l’été à manger son
gros sac de chip Yum-yum, à boire sa Labatt 50, parce qu’il fait trop chaud,
regardant les Expos jouer comme des pieds… Non ! Quel cliché ! Un
Québécois, n’est ni une personne de souche, né dans ce peuple méconnu, ni
un immigrant, né dans un pays inconnu… Un Québécois n’a ni âge parfaite,
ni sexe, ni provenance ; il peut venir d’Abitibi, comme de la planète
Mars… on s’en balance ! Il n’y a pas de mode d’emploi pour définir
un citoyen du Québec. Un Québécois réel se doit de parler français… d’être
attacher au Québec… de connaître la base de notre pathétique histoire, d’être
fier de dire « Je suis Québécois »(identité) et de chanter
« Nous sommes Québécois »(solidarité). Sans farce, un Québécois,
même s’il est jaune, blanc, rouge ou noir, doit commencer par être fier de
ces racines et de vouloir être libre de sa propre destinée…
-(air
arrogant) Miiinnn ! De quoi tu parles, j’comprends pas man !
Savez-vous
pourquoi la culture québécoise est si difficile à cerner ? C’est que
nous sommes tiraillés… Depuis des centaines d’années, nous sommes entourés
de gens qui ne font pas parti de la même famille que nous. Tout d’abord, il y
a les Canadiens, une bande de cons (excusez l’expression) qui se foutent littéralement
de tout et de notre gueule surtout, mais lorsqu’ils
sentent qu’on veut brimer le moindrement leur petit confort… ils
dégainent leur artillerie ; conservateurs,
rétrogrades, ayant un manque d’ouverture d’esprit, ils sont majoritaires,
alors nous… on se la ferme ! Juste en bas de nous se situe la plus grande
source économique, et j’ai nommé (roulement de tambour)… Les États-Unis.
Pays capitaliste, matérialiste, il se contrefiche de la vie humaine et de leurs
droits, la preuve c’est qu’il y existe encore de l’esclavage et la peine
de mort dans quelques états. Outre mer, se trouve notre mère patrie... La
France. Les Français se
rapprochent un peu plus de nous par leur caractère et leur langue, mais leur
situation sur le globe fait que l’on ne peut avoir le moindre petit aide
d’eux. Alors entre une bande d’intellectuels et une autre de conservateurs,
qu’est-ce que nous, petit peuple de poltrons, nous pouvons faire ? Nous révolter !
Le Québec en crise d’adolescence ! Le Québec en crise d’ abondance !
Le Québec en prison ! Le Québec sans défense ! Le Québec sans sons !
T’as
ben pas rap…(air ado)Le Québec y’é
pas pantoute révolté ! J’va t’montrer moé c’est quoi être en
« crisse » d’adolescence…
Dans
notre siècle, qui s’est battu pour défendre notre identité, notre pays ?
René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Gilles Vigneault, Félix
Leclerc, Michèle Lalonde, Raoul Duguay, Michel Tremblay, Michel Chartrand,
Pierre Falardeau et bien d’autres qui, de leurs discours, leurs textes littéraires,
leurs films et leurs peintures, ont marqué notre histoire par de si beaux mots,
de si belles images. La question reste à savoir si tout ça a véritablement
fonctionné, s’il y a eu un impact majeur sur le cerveau des habitants ?
Gilles
Vi… qui ? C’est qui Lucien… hen ! -(air
de frustration)
Alors,
qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne peut s’identifier à rien en tant que
peuple… C’est simple ! On
s’attache à nos artistes, nos chanteurs-poètes ainsi qu’à nos hommes de
grand charisme. Avez-vous déjà lu des textes de Félix Leclerc où il défend
la vie de nos pauvres travailleurs, où il dénonce les injustices et où il
crie, hurle « Donnez-moi un pays » avec sa guitare, sa voix et ses
chansons, écrits de sa propre plume de paysan… Dans l’un de ces textes
« Des étrangers
dans nos murs », Leclerc cherche à trouver qui sont les traîtres de
notre patrie. Pour lui, les étrangers ne sont pas les Italiens, les Américains,
les immigrants du Québec, ni les Canadiens anglais qui viennent nous amadouer
lors des référendums… Mais bel et bien les Québécois, appelés Canadiens
français, qui nous trahissent par leur non-solidarité et leur oubli en se
tissant des liens avec le Canada. Car leur priorité cachée est de diviser les
Français et leur priorité visible est de protéger les Anglais… Ces citoyens
ont-ils une identité ? Oui, même s’ils sont les premiers à défendre
le Canada, ils ont tout de même le culot, lorsqu’on leur demande comment est
leur culture, de parler comme s’ils étaient Québécois… C’est un
non-sens ! Leclerc avait bien raison…
J’en
ai une identité moé… Chu punk ! -(air
révolté)
Dans
la même famille que Félix Leclerc, il y a Gilles Vigneault… Ô Vigneault aux
mots patriotiques, aux textes venus tout droit du cœur, décrivant toujours les
plus beaux paysages du pays… Celui-là, il n’a pas peur de dire le mot PAYS
pour ainsi désigner notre pauvre Québec. « Les gens de mon pays/ Ce sont
gens de paroles », les miens, les nôtres aussi… Vigneault depuis des
années désire retrousser le jupon de sa province pour entrevoir le OUI qui se
cache sur la culotte de son Québec chéri… À la fin de son monologue
sur le Oui, Vigneault se plait à dire : « La bouche qui dit OUI
est l’âme d’un sourire/ Et celle qui dit NON ronde comme un canon ».
D’ailleurs dans le mot canon, il y a le vocable non, tandis que dans le mot
inouï, épanoui : OUI. Ce poète de grande renommé
a aussi chanté : « Il me reste un pays » et « Gens
du pays ». C’est que ce sujet est l’un qui l’inspire le plus… Son
pays, ses paysages, la sensation incomparable d’être l’un des membres
d’une si belle famille qui se tient les coudes, pas au bon moment, mais qui
sont solidaires tout de même.
Extrait :
« Il me reste un pays » pris sur le disque « Pays du fond de
moi »
Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer
Il est au tréfonds de toi
N’a ni président ni loi
Il ressemble au pays même
Voilà le pays que j’aime
Pour
ma part, il y a une écrivaine qui
m’a bien étonnée… Michèle Lalonde. Dans l’un de ses textes à trois
voix, Lalonde défend la langue française en lui faisant un procès… De toute
beauté ! « Vous savez
que toute vérité québécoise n’est pas bonne à dire… Il est de mon
devoir de vous informer que vos mots d’esprit et vos poèmes pourront être
invoqués contre vous » citait-elle. De nos jours, c’est encore une réalité,
la liberté d’expression pour un Québécois est possible, oui, mais pas trop
et surtout pas trop fort ! Comme dans son texte « Speak White »
où elle compare la langue anglaise de « mots lacrymogènes et mots
matraques », car ils empoisonnent notre langue française depuis la
Bataille des damnées Plaines d’Abraham
(on ne veut plus en entendre
parler).
Bon !
Assez parlé de chanteurs et de poètes ! Allons-y avec ceux qui ont plus
de gueule… Comme Parizeau qui a déclaré que nous avions perdu le référendum
de 95 « à cause de quoi… de l’argent et des votes ethniques »
dure réalité à accepter, ou de Lucien Bouchard qui se bat et se débat depuis
quelques années pour implanter dans la tête des citoyens qu’ils devraient
voter OUI. Mais cessons de se leurrer… Malheureusement, nous n’entendrons
plus la vois de rené Levesque qui nous disait : « si j’ai bien
compris vous êtes en train de me dire à la prochaine fois », car les Québécois
on perdu la foi. La moitié d’entre nous ne savent pas qui ils sont et comment
sont les gens qui leur ressemblent, alors imaginez l’effet qu’ils doivent
avoir lorsqu’ils doivent choisir leur pays… leur identité… leur
personnalité…
Notre
culture, c’est l’ironie de Pierre Falardeau avec « Elvis Gratton »,
c’est aussi le désespoir qu’il démontre dans « Le party ».
Notre culture, c’est Passe-Partout, Passe-Montagne et Passe-Carreau qui
dansent devant les petits écrans comme s’ils étaient sous l’effet de
l’acide. Notre culture, ce sont les pièces de Michel Tremblay avec ses
personnages qui parlent « joual » et qui n’ont pas peur de se
retenir. Notre culture, c’est la fierté de Bouchard, de Parizeau et de Lévesque…
C’est la non-censure de Michel Chartrand… Le nationalisme de Leclerc,
Vigneault, Deschamp et de leurs élèves. C’est aussi l’absurde de Meunier
et de son univers de «La p’tite vie » pathétique. La culture québécoise
c’est tout ce que le Cadenas(Canada) nous a volés et tout ce qu’il ne nous
a pas encore pris ! Ce sont les restes de révolte dans le fond des yeux de
chacun, vieille du temps des felquistes… La culture, « c’est la
langue de mon cœur et le cœur de ma vie/ Que jamais elle ne meurt, que jamais
on ne l’oubli e»(Michel Rivard).
Enfin
de compte, je ne suis pas plus avancée que vous tous… La culture québécoise
est peut-être encore un mystère, mais il faut se la définir de façon
personnelle… Nous savons la base de ce que c’est qu’un Québécois, nous
savons sa langue, nous la parlons… Il ne nous reste plus qu’à penser à ce
qui le caractérise, ce qui le passionne… Mais ce qui est certain dans tout
cela, la morale à tirer de tout ce texte… C’est que la culture ne prendra
forme qu’avec la définition du Québec… Québec Pays, bien entendu…
S’il ne devient jamais pays, nous serons toujours tiraillés par les mêmes
dilemmes, Canadiens français ou Québécois fier de l’être ? Temps
et aussi longtemps que le Cadenas nous emprisonnera sous son emprise… il y
aura toujours les mêmes questions, toujours les mêmes textes pas tout à fait
clairs et toujours la même crise d’identité chez les habitants du Québec…
Vous avez sûrement pu remarquer que mon travail n’était pas une
recherche concrète, digne d’une étudiante sérieuse et avertie… Mais,
c’est plutôt un cri du cœur qui, tant bien que mal, a essayé de vous faire
frémir un peu… Donc, si vous avez été vexé par cet essai, à l’envers,
ne secouez pas mon pauvre cœur en le prenant par les vaisseaux sanguins, pauvre
de moi, et ne le pendez pas pour ainsi lui faire monter le sang à la tête, car
la prochaine fois il n’en serait que plus révolté et plus amer…