Une
jeune femme toujours seule les fins de semaine avec
ses cinq garçons qui sont âgés entre neuf et deux
ans n'en peut plus.
Étant
donné la dissolution des clubs privés et la vente
des camps par soumission, le petit mari décide
d'en acquérir un.
Donc,
nous voilà propriétaires d'un petit camp à l'ancien
club "Bébé" et toute la petite famille est tassée
dans une petite Renaud pour aller voir cette
merveille.
Surprise! Ce n'est pas un camp mais bien une
cabane.

Ô
merveille! Les garçons sont tellement heureux de
voir que cette grande cabane leur appartient. Mais
moi, dans tout cela, NON...je ne veux pas rester
là-dedans. Elle est affreuse. Je veux redescendre
tout de suite...chez -nous.
Elle est
divisée en deux. Sur la première moitié il y a une
porte où il est inscrit "Touladie" et sur l'autre
"Mouchetée."
Que cela
amuse les garçons : deux camps dans un. En tout,
on y retrouve quatre grands lits, presque tout le
monde aura le sien...tous sursautent de joie. Mais
ça, ce n'est pas si pire...mais le reste.
Tout est
sombre, en papier brun, il y a des sacs de pain qui
camouflent les trous dans les vitres, le plancher
est fait de planches inégales et il y a des clous
qui dépassent, et le pire des pires les écureuils y
ont fait leur nid ainsi que les souris, les taupes
et même qu'un affreux gros oiseau
(mais c'est une corneille)
y entre
comme s'il y demeurait.
Et
devinez qui vient me rendre visite pendant que
j'évalue les lieux ?
Mon
pauvre père !
Il entre
donc et regarde avec tristesse ce qu'est la
déchéance. Pauvre papa, il a tellement l'air
découragé qu'il n'en peut plus et je crois bien
qu'il ne se sentait pas très bien car il a voulu
s'asseoir...mais catastrophe "NON" pas sur
celle-là...trop tard...
Il
faudra donc que je m'y fasse car cette cabane a été
achetée sans que je ne la voie avant.
Après
quatre fins de semaine, nous l'avions un peu
améliorée. Les deux camps n'en faisaient plus
qu'un. Un prélart et de la peinture avaient changé
quelque peu l'ambiance, mais j'aimais mieux rester
aux chandelles...elle paraissait mieux à la
noirceur.
Mon
coureur des bois me rassure en me disant que "c'est
en attendant" et qu'il va y faire des réparations.
Mais
hélas, il n'a pas mentionné d'année et ce n'est
qu'en 1998 soit vingt et un ans plus tard qu'il a
construit à la même place un magnifique chalet
(là,
je peux vraiment l'appeler comme
cela)
qui aujourd'hui domine fièrement la cabane qui est
juste à côté et presque démolie.
