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Quelques
souvenirs de mon enfance reviennent à la surface, tel que de voir
une petite fille qui s'amuse et coure sur une immense galerie qui fait
le tour de la maison familiale avec ses frères et soeurs, une magnifique
maison avec un toit vert et qui est divisée en deux demeures, soit
une maison d'hiver et une maison d'été.
Je la
vois toute petite traversant avec effort d'épaisses herbes pour enfin parvenir à
un endroit qu'elle préfère. Il y a une jolie clôture toute blanche et à
l'intérieur de celle-ci une immense croix entourée de rosiers sauvages qui,
à chaque année à une époque donnée poussent comme par miracle.
Elle cueille
l'une de ces roses et l'introduit délicatement dans sa chevelure
longue et ébouriffée. "Que c'est beau". Il y a aussi une
magnifique touffe d'arbres avec des pétales toutes jaunes où elle
peut se promener à l'intérieur. Mais attention, elle a peur de franchir, car des milliers d'abeilles y ont fait leur demeure.
Mais c'est plus fort qu'elle et à chaque année, elle y entre.
Nous
couchons dans une chambre toute noire, mes deux soeurs et moi. J'ai peur d'y dormir car il y a la cheminée dans un coin et des
étincelles de feu apparaissent à l'occasion. J'en parle à
ma mère et elle me répond que c'est sûrement le diable,
vu que je suis très désobéissante et que je ne dors
pas tout de suite lorsqu'il est l'heure.
En effet, nous nous amusons à faire de l'improvisation,
une de mes soeurs est le beau prince, moi la princesse et l'autre ...le petit
bébé... C'est donc vrai ce que ma mère affirme et pour amoindrir ma peur, je m'habitue à dormir en dessous
plein
de couvertures sur la tête. Donc, je n'y vois rien et je n'ai
plus peur.
Ainsi donc,
à l'âge de huit ans un drame terrible vint perturber notre environnement.
La maison familiale fut détruite par les flammes.
Pendant
deux mois, de serviables voisins nous ont hébergés et nous
étions huit frères
et sept soeurs à cette époque dans cette petite famille.
Une jolie maison toute blanche et neuve nous attendait vers la fin de novembre 1955. Mais la chambre que j'avais était froide et de la neige y collait au mur. Je m'y suis habituée.
