De grands
bouleversements
Qui ne se souvient pas du premier. Peut-être
diffèrent-ils tous dépendant de chaque
personne.
Le mien fut
lorsque mon premier fils entra à la
maternelle. J’entrevoyais une nouvelle étape
de ma vie qui était jusqu’alors bien ordonnée
avec une sorte de petits rituels quotidiens, cela me dérangeait de
changer tout cela. Aujourd’hui, c’est
différent, la plupart des mères envoient leurs
enfants à la garderie, donc beaucoup moins
bouleversant lorsqu’arrive l’heure de la
petite séparation.
Ensuite ce fut le mariage de ce fils, il me
semblait encore si jeune ou c’est moi qui me
sentais un peu plus vieille, mais
cela me dérangeait encore une fois.
Ils étaient tous là et puis plus rien, ils
étaient tous partis, mais j’ai eu la chance de
compenser ce manque par mon travail.
Mais imaginez juste un peu ce que l’on peut
ressentir lorsque tu n’as plus l’âge de la
combativité et que tu dois quitter tout ce qui
t’entoure et qui t’était familier depuis des
années ? Je n’ose même pas l’appréhender
seulement qu’à y penser, j’en ai la frousse.
Et pourtant, c’est ce qui se produit
aujourd’hui en l’an 2004 pour bien des
personnes âgées qui sont obligées de quitter
leurs proches, leur village et tout ce qui les
attachait à cette vie si bien ordonnée, et
tout cela, parce qu’on a décidé de ne plus les
maintenir dans leur milieu de vie habituel
faute de sous.
Et si au moins c’était vrai, mais un doute
demeure.
Que ferais-je moi, si je me retrouvais à leur
place, sinon pleurer toutes les larmes de mon
corps parce qu’impuissante devant cette
réalité d’aujourd’hui qui n’est guère
reluisante pour ceux qui nous dirigent. Mais
comment réagiront-ils lorsque leur tour
viendra ? J'espère bien qu'ils se seront bien
préparés à cette éventualité sinon...