Corrigé
![]()
|
Et je me revois à la plus haute fourche du vieil arbre dans le vent, enfant balancé parmi les pommes. De là comme un dieu sur sa tige, spectateur du théâtre du monde, dans une profonde considération, j'étudie le relief et la conformation de la terre, la disposition des pentes et des plans, l'oeil fixe comme un corbeau, je dévisage la campagne déployée sous mon perchoir, je suis du regard cette route qui, paraissant deux fois successivement à la crête des collines, se perd enfin dans la forêt. Rien n'est perdu pour moi, la direction des fumées, la qualité de l'ombre et de la lumière, I'avancement des travaux agricoles, cette voiture qui bouge sur le chemin, les coups de feu des chasseurs. Point n'est besoin de journal où je ne lis que le passé; je n'ai qu'à monter à cette branche, et, dépassant le mur, je vois devant moi tout le présent. La lune se lève; je tourne la face vers elle, baigné dans cette maison de fruits. Je demeure immobile, et de temps en temps une pomme de l'arbre choit comme une pensée lourde et mûre.
|
| Les cinq heures que j’ai couru…
Les cinq kilomètres que j’ai couru… Les cinq marathons que j’ai courus… Ces boîtes, je les ai payées deux dollars. Voici les filles qu’ont élevées mes grands-parents. La tempête de neige qu’il y a eu en Gaspésie hier attirera les motoneigistes. Il nous a ravis que vous nous rendiez visite.
|
Quand on cherche le complément d’objet
direct (COD) d’un participe passé, il arrive qu’on croie
que tel ou tel mot est le COD, alors qu’il n’en est rien.
¤ Méprise avec un complément adverbial de mesure Les verbes «courir, coûter, dormir, durer, mesurer, payer, peser, régner, repayer, séjourner, valoir, vivre…» introduisent souvent un complément de mesure que l’on ne doit pas confondre avec un COD. Certains de ces verbes ont parfois un véritable COD, il importe donc de vérifier si le complément répond à la question «Quoi?» (auquel cas il s’agit bien d’un COD), ou plutôt aux questions «Combien?» ou «Combien de temps?» (auquel cas il s’agit d’un complément adverbial de mesure). Ex.: Les cinq heures que j’ai couru… • «J’ai couru combien de temps?»: que (mis pour cinq heures). Il s’agit d’un complément adverbial de mesure, il n’y a pas de COD: invariable. Truc: «Que» est toujours complément adverbial quand il est synonyme de: «Les cinq heures pendant lesquelles j’ai couru…» Les cinq kilomètres que j’ai couru… • «J’ai couru combien?»: que (mis pour cinq kilomètres). Il s’agit d’un complément adverbial de mesure, il n’y a pas de COD: invariable. Les cinq marathons que j’ai courus… • «J’ai couru quoi?»: que (mis pour cinq marathons). Il y a un COD à gauche: on accorde le participe passé avec ce COD. Ces boîtes, je les ai payées deux dollars. • «J’ai payé quoi?»: les (mis pour ces boîtes). COD. «J’ai payé combien?»: deux dollars. Complément adverbial de mesure. Il y a un complément adverbial, mais il y a aussi un COD: on accorde le participe passé avec ce COD puisqu’il est à gauche. ¤ Méprise avec un sujet Quand on cherche le COD, il est important de bien replacer le sujet avant de poser la question «Qui?» ou «Quoi» après le verbe. Pour trouver le sujet, on pose la question «Qui est-ce qui…?» ou «Qu’est-ce qui…?» avant le verbe. Ex.: Voici les filles qu’ont élevées mes grands-parents. • «Qui est-ce qui a élevé?» Le sujet du verbe est: mes grands-parents. «Mes grands-parents ont élevé qui?» Le COD est: qu’ (mis pour filles). Le danger ici serait de poser la question hâtivement: «…ont élevé qui?» et de prétendre faussement que le COD est grands-parents placé à droite. ¤ Méprise avec un sujet réel Quand le sujet est un «il» impersonnel, qui ne représente rien, le participe passé est presque toujours invariable, car il n’y a presque jamais de COD avec ces verbes. Il y a souvent un mot qui répond à la question «Qui?» ou «Quoi?» après le verbe, mais ce mot est plutôt le sujet réel que le COD. Ex.: La tempête de neige qu’il y a eu en Gaspésie hier attirera les motoneigistes. • qu’, mis pour tempête de neige, est ici un sujet réel, et non un COD. Comme il n’y a pas de COD pour ce verbe, son participe reste invariable. Il nous a ravis que vous nous rendiez visite. • que vous nous rendiez visite est le sujet réel et nous est le COD. Dans ce cas, on accorde avec le COD présent à gauche.
|
Copyright (Chez Nicky) © tous droits réservés