Carol-Ann va raconter...
 

 

 


 

Il était une fois un roi dont les filles étaient toutes d'une grande beauté ;  mais la plus jeune était si belle que le soleil , qui a pourtant vu tant de choses, s'émerveillait chaque fois qu'il lui éclairait le visage.


Tout près du château du roi, s'étendait une sombre forêt. Là, sous un vieux tilleul, coulait une fontaine.


Quand il faisait très chaud, la princesse allait s'asseoir au bord de la fontaine. Pour se distraire, elle lançait en l'air, puis rattrapait dans ses mains une boule d'or.


C'était son jeu préféré.


Il arriva qu'un jour, la boule d'or rebondit et tomba dans l'eau de la fontaine.

La fille du roi se mit à pleurer.

Entre deux sanglots, elle entendit une voix : "Mais qu'as-tu donc, jolie princesse, à pousser des cris à fendre une pierre ?

 "La jeune fille aperçut un crapaud dont la vilaine tête sortait de l'eau. "Ah ! C'est toi, vieux barboteur ! dit-elle. Ma boule d'or est tombée dans l'eau !"



- Ne pleure plus, dit le crapaud. Je peux y remédier. Mais que me donneras-tu si je te rapporte ton jouet ?

- Tout ce que tu voudras, cher crapaud ! Mes robes, mes perles, mes bijoux...même ma couronne d'or.


Le crapaud répondit : "Je n'ai pas envie de tes robes, de tes perles, de tes bijoux ou de ta couronne d'or.

 Donne-moi seulement ton affection. Accepte-moi comme compagnon de jeux.

J'aimerais m'asseoir à côté de toi à table, manger dans ton assiette d'or, boire dans ton verre et dormir dans ton petit lit.

Si tu me promets tout cela, je plonge et te rapporte ta boule d'or.


- Je te promets tout ce que tu veux. Va vite la chercher."


Mais elle pensait : "Ce pauvre crapaud a perdu la tête.

Lui qui passe tout son temps dans l'eau à coasser avec les autres crapauds, comment pourrait-il tenir compagnie à une princesse comme moi ? Il doit être très ennuyeux."


Fort de cette promesse, le crapaud plongea et réapparut à la surface de l'eau, tenant dans sa gueule la boule d'or qu'il lança dans l'herbe.

La princesse, toute joyeuse de retrouver son jouet, le ramassa et s'en fut en courant.


"Attends-moi ! cria le crapaud. je ne peux pas courir aussi vite que toi ! Mais la princesse ne prêtait aucune attention à ses cris. Elle rentra au palais de son père et oublia le crapaud.


Le lendemain, comme elle était à table avec le roi et ses courtisans, voici que ...floc-floc...flic-flac...quelque chose montait le grand escalier de marbre.

Arrivée en haut, la chose frappa la porte et cria : "Fille du roi, la cadette, ouvre-moi!"


La princesse courut voir qui était dehors. Quand elle ouvrit la porte, elle vit le crapaud.

Elle claqua vivement la porte et reprit sa place à table en tremblant. Le roi s'aperçut que le coeur de sa fille battait à tout rompre.


Il lui demanda : "Mon enfant, de quoi as-tu peur ? Y aurait-il derrière la porte quelque géant qui voudrait t'enlever. "


- Non, mon père, répondit la princesse. Ce n'est pas un géant, mais un affreux crapaud.


- Que te veut-il donc ? demanda le roi très étonné.


- Hélas, mon père ! gémit la princesse. je suis allée hier jouer dans la forêt au bord de la fontaine.

Ma boule d'or est tombée dans l'eau, je pleurais tellement que ce crapaud a plongé pour me la rapporter en me faisant promettre de l'accepter comme compagnon de jeu.

Mais je n'aurais jamais imaginé qu'il quitterait la fontaine.


Et maintenant il est là, derrière la porte et il veut entrer. Ils entendirent, en effet, frapper pour la seconde fois. Et la voix du crapaud appela :


"Fille du roi, la cadette, ouvre-moi ! As-tu déjà oublié la promesse donnée ?" Le roi dit avec fermeté :


- Ma fille, tu dois tenir ce que tu as promis. Fais entrer ce crapaud". La princesse alla ouvrir la porte.

Le crapaud la suivit jusqu'à la table et lui dit : "Prends-moi pour que je puisse m'asseoir à côté de toi". La princesse hésitait.


"Fais ce que dit ce crapaud ! cria son père".

À peine le crapaud fut-il sur la chaise qu'il sauta sur la table.

"Approche ta petite assiette d'or et mangeons ensemble !"

La princesse s'exécuta, mais bien à contre-coeur.

Le crapaud se régala, tandis que la princesse pouvait à peine avaler une bouchée.

"J'ai tellement bien dîné que je me sens un peu fatigué, dit le crapaud.

Emporte-moi dans ta chambrette et prépare-nous ton petit de soie. Il est temps d'aller nous coucher".

La princesse se mit à pleurer. Elle avait peur de ce vilain crapaud froid qu'elle osait à peine toucher et qui voulait dormir avec elle dans son beau petit lit bien propre et bien douillet. Mais le roi se mit en colère:

"Ma fille, on ne doit jamais mépriser celui qui vous a aidé dans le malheur". Alors, elle prit le crapaud entre deux doigts, le montant dans sa chambre et le posa dans un coin.

À peine la princesse était-elle couchée, que le crapaud se glissa vers elle et lui dit : "Je veux dormir tout contre toi.

Prends-moi dans ton lit, sinon je le dirai à ton père".

Rouge de colère, la princesse le saisit et le jeta de toutes ses forces contre le mur. "Voilà, pour toi, vilain crapaud !"

Mais, Ô stupeur ! quand il retomba, ce n'était plus un crapaud mais un beau prince aux doux yeux pleins de tendresse.

Il lui révéla qu'il avait été ensorcelé par une terrible sorcière et que, seule, la princesse avait le pouvoir de le libérer de ce maléfice. Celle-ci en tomba immédiatement amoureuse.

Avec l'accord du roi, le prince épousa la princesse et lui promit de l'emmener dès le lendemain dans son royaume.

 

 

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