Sous les
rouges coquelicots des cimetières flamands,
Qui parmi les rangées de croix bougent dans le vent,
Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des cieux,
Les alouettes encore lancent leur cri courageux
Que plus personne n'entend sous le bruit des canons.
Nous sommes morts : il y a à peine quelques jours,
Nous connaissions les joies de la vie, de l'amour,
La fraicheur de l'aurore, les lueurs du ponant.
Maintenant nos corps sans vie reposent en sol flamand.
Nos mains inanimées vous tendent le
flambeau :
C'est à vous, à présent, de le tenir bien haut,
De contre l'ennemi reprendre la querelle.
Si vous ne partagez des morts la foi rebelle,
Nos corps ne pourront pas dormir paisiblement
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands.
J.P. van Noppen
Une traduction du poème
"In Flanders Fields"
de Lt.-Col. John McCrae
Les explosions causées
par l’artillerie et les mines
pendant la Première Guerre mondiale ont tellement retourné la terre
que le mélange de cultures et de végétation n’arrivaient à croitre.
Une fleur sauvage fleurissait toutefois dans cette terre
agitée :
le coquelicot.
Sa couleur rappelait aux soldats le sang versé à même le sol
et elle inspira le Canadien John McCrae
à écrire son poème fameux Au Champ d’honneur.