Depuis l'aube des temps, le loup ou son mythe
accompagne les hommes. Mal connu et mystérieux, cet
animal intelligent, qui vit en groupe, que l'on entend
mais que l'on ne voit guère, et qu'on dit dangereux
parce que prédateur, est entouré d'une aura de terreur
qui commence tout juste à s'estomper.
Le
loup a été un modèle pour les peuples chasseurs. La
louve fut un symbole de féminité pour les Romains.
Pour les chrétiens, les loups étaient l'incarnation du
diable. Aujourd'hui, le loup est perçu comme une
preuve de la santé de la nature. Il suscite désormais
plus de curiosité que de peur.
Le loup n'est pas un solitaire, c'est un animal
social, et la présence de ses semblables lui est
indispensable. Les loups vivent en meute de 3 à 15
individus, tous parents entre eux. Chacun occupe une
place bien précise dans une hiérarchie à respecter.
La vie au sein de la meute est dure et la compétition
est sévère. Se battre pour gagner et conserver une
place, se battre pour la nourriture, se battre pour
les femelles. Le plus fort mange le premier, partage
la vie d'une femelle et peut espérer une descendance.
Au tour de lui s'organise la meute dont il a soumis
chaque membre, autour de lui dure la meute tant qu'il
soumettra chaque membre.
Être un loup, c'est savoir quel est son rang dans la
meute, à quels congénères on doit le respect et quels
sont ceux qui vous le doivent. Sans cette règle de
soumission du plus faible à la dominance du plus fort,
pas de meute et pas de loups.
Selon diverses estimations, le territoire d'une meute
s'étend sur une superficie allant de 280 à 720 km2. Il
est délimité par des repères qui sont des marques
odorantes que le couple laisse çà et là grâce à une
glande située sous la queue. Parfois, une meute
accepte que des loups " étrangers" passent sur ses
terres. Mais, en général, ceux-ci préfèrent éviter
tout affrontement en restant hors du territoire
adverse.
On dit du loup qu'il est bavard, qu'il hurle, gronde,
jappe, gémit ou aboie selon les circonstances, et dès
son plus jeune âge (environ 32 jours).Le langage des
loups recoupe à peu de chose près celui du chien. On
distingue en effet 5 types de cris: plaintes,
grincements, grondements, abois et enfin hurlements.
Chacun d'eux joue un rôle plus ou moins important dans
les relations entre individus ou entre meutes.
Plaintes et grincements, presque inaudibles, sont
restés longtemps ignorés. Les loups ne geignent pas
pour se plaindre, mais en guise de salut amical ou de
soumission. Les grincements n'en seraient qu'une
variante plus rare. Les grondements traduisent
évidement, selon leur ton, leur intensité et leur
modulation, toutes les nuances de l'agressivité depuis
l'agacement jusqu'à la fureur. Avec les plaintes, ils
constituent le vocabulaire de base des loups. Les
aboiements, en revanche, ne sont pas fréquents.
Rauques et brefs, ils sont le plus souvent la
ponctuation finale d'un hurlement. Des loups surpris
aboient. Il s'agirait donc également d'un cri
d'alarme, sinon de protestation. Les hurlements,
enfin, sont le plain-chant des loups. Un hymne à leur
puissance. Debout, assis ou couchés, immobiles ou en
marche, ils commencent toujours par geindre doucement
en remuant la queue. Puis levant le museau au ciel, la
tête rejetée au plus loin en arrière, ils laissent
leur gorge se gonfler de leur cri. Entre eux les loups
ne hurlent pas à l'unisson: chacun possède une voix
qui lui est propre (fréquence de 300 à 700 hz).
Puissant, le hurlement peut s'entendre à plus de 10 km
selon les conditions climatiques.
Le loup est un des mammifères les plus intelligents.
Il possède un répertoire de signaux de communication
très riche et la structure sociale de la meute est
strictement définie et organisée.
Les oreilles très mobiles, se lèvent ou se couchent en
fonction des circonstances. Baissées mais tendues sur
les côtés, elles renforcent l'expression de défiance.
Pointées en avant, elles marquent l'agressivité,
tandis que, rejetées en arrière, elles sont escamotées
en prévision d'une menace de combat. Dressées et
largement déployées, elles sont une preuve d'attention
et le privilège des dominants qui montrent de cette
façon que rien ne leur échappe.
Les loups ont
aussi recours à leur queue pour traduire leurs états
d'âme et leurs impressions. Quand un loup vient à
croiser un congénère, chacun d'eux est dans
l'obligation d'adopter l'attitude correspondant à son
niveau dans l'ordre hiérarchique. Le dominant se
contente de dominer. Mais le subalterne est soumis aux
caprices de son supérieur et doit, au gré de son
humeur, faire preuve de plus ou moins d'humilité. Il
arrive parfois que ces témoignages de respect
demeurent insuffisants. En cas de faute grave du
dominé, la position de sa queue ne lui sera plus
d'aucune utilité. Fautif, il se verra infliger une
correction à laquelle rien ne pourra le faire
échapper. Sa seule ressource est alors de se coucher
sur le dos et d'attendre sans broncher que l'orage
soit passé. Cette posture humiliante n'est autre que
celle adoptée par les louveteaux quand leur mère les
corrige.