Le mal de vivre
 

 

Savez-vous ce qui me fatigue le plus dans cette petite vie ? Eh bien ! C’est entendre décrire les actes de violence, soit physique ou verbale comme la meilleure nouvelle du jour. J’en ai mal au cœur.

C’est celui qui est le plus dégueulasse qui fait la manchette et devient la vedette accréditée et s’il crache, fait une grimace ou montre un doigt d’honneur après qu’il a fait son acte barbare, alors là! sa popularité grimpe d’un seul coup, car c’est bien cela qui se produit lorsqu’on parle beaucoup de quelqu’un ou de quelque chose, que ce soit bien ou mal vu.

Que c’est fatigant moralement. Tu te lèves le matin de bonne humeur et à la fin de la journée, tu te sens vidée par tous ces non-sens. Et ce n’est pas de la fiction, c’est bien réel.

Bien sûr, il faut que les gens sachent tout ce qui se passe, c’est un droit à l’information mais quand même, ne pourrait-on pas en mettre un tout petit peu moins, surtout lorsqu’il s’agit de violence. Il n’est pas nécessaire d’avoir tous les détails. Le geste est déjà assez dégoûtant sans en ajouter.

Lorsque des jeunes désirent quelque chose ou faire parler d’eux, ils font exactement ce qu’ils ont vu de plus arrogant pour se faire entendre. Et on se retrouve avec des problèmes qui n’ont plus de fin. Et plus on en parle et en voit et plus ça continue… et, qui plus est, des parents se laissent emporter dans ce tourbillon infernal et cela devient une véritable chaîne qui tourne sans cesse.

C’est une bombe à retardement, toute cette haine emmagasinée et qu’on se plaît à entretenir.

Il m’arrive parfois de regretter les débuts de la télévision où il fallait pelleter la neige pour mieux voir et le son n’était pas mieux. Au moins, de cette façon lorsque la mauvaise nouvelle sortait, elle semblait beaucoup moins noire qu’à l’origine, car nous n’étions jamais sûr d’avoir bien vu ou entendu, tout était flou, moins flagrant et moins désespérant.

Faire la promotion de la violence sous toutes ces formes devrait être « tolérance zéro » et ne pas se sentir un héros peut faire réfléchir quelqu’un lorsqu’il a en tête de faire un mauvais coup, car il y a évidemment deux côtés contraires chez l’humain qui est celui de la sagesse et le petit côté sensationnel, celui du risque et de l’imprévisible.