Poucette
accepta et fit ce que lui demandait la vieille souris.
Un jour, la
souris dit : "J'attends un visiteur. C'est mon
voisin, la taupe. Il a l'habitude de me rendre visite
chaque semaine. Il est riche et instruit et porte une
magnifique pelisse de velours noir. Sa demeure est
beaucoup plus grande que la mienne et compte plusieurs
chambres. Seulement, il ne voit pas clair et il ne
supporte pas le soleil, les oiseaux et les fleurs. Il
faudra que tu lui racontes les plus belles histoires que tu
saches."
Poucette
accueillit le visiteur, lui chanta de belles chansons et lui
raconta de merveilleuses histoires, si bien que la taupe
tomba amoureuse d'elle. Mais Poucette ne voulait pas
d'une taupe pour mari.
Un jour, la
taupe invita Poucette à prendre une marche avec lui dans un
long corridor qui unissait les deux demeures. À
mi-chemin, Poucette aperçut une petite hirondelle gisant
dans le corridor. La taupe informa Poucette que
l'oiseau avait dû mourir de froid. Elle qui aimait
tellement les oiseaux fut troublée à cette vue. Elle
voulait que l'hirondelle soit enterrée au chaud.
Cette
nuit-là, Poucette tissa une couverture de paille dont elle
alla envelopper l'hirondelle. Elle mit aussi du
duvet de chardon aussi doux que du coton autour du corps de
l'oiseau. "Adieu, petit oiseau",
dit-elle. Elle posa la tête sur la poitrine de
l'oiseau et, à sa grande surprise, entendit de faibles
battements de coeur. L'oiseau n'était pas mort,
il était engourdi par le froid et la chaleur de la
couverture l'avait ranimé.
Très faible,
l'oiseau ouvrit lentement les yeux et aperçut Poucette.
"Merci, gentille petite fille", dit
l'hirondelle. "Je suis tellement bien,
emmitouflée dans cette couverture. Bientôt, j'aurai
repris suffisamment de forces pour retourner voler aux
chauds rayons du soleil !"
"Oh, dit
Poucette, il fait très froid dehors. Il neige
et il gèle. Reste dans ton lit, je prendrai soin de
toi jusqu'au printemps."
L'hirondelle
passa ainsi l'hiver dans le corridor. Poucette la
soigna tendrement, mais elle ne dit rien à la souris et à
la taupe, sachant qu'elles n'aimaient pas beaucoup l'oiseau.
Dès
qu'arriva le printemps, l'hirondelle fit ses adieux à
Poucette qui l'aida à sortir du trou. Dehors, le
soleil rayonnait. L'hirondelle demanda à Poucette si
elle ne voulait pas venir avec elle. Poucette fut
très tentée d'accepter, mais elle savait que cela ferait
de la peine à la bonne vieille souris si elle la quittait
ainsi. "Non, je ne peux pas", répondit
Poucette tristement.