Page 3

Poucette accepta et fit ce que lui demandait la vieille souris.

 

Un jour, la souris dit : "J'attends un visiteur.  C'est mon voisin, la taupe.  Il a l'habitude de me rendre visite chaque semaine.  Il est riche et instruit et porte une magnifique pelisse de velours noir.  Sa demeure est beaucoup plus grande que la mienne et compte plusieurs chambres.  Seulement, il ne voit pas clair et il ne supporte pas le soleil, les oiseaux et les fleurs.  Il faudra que tu lui racontes les plus belles histoires que tu saches."

 

Poucette accueillit le visiteur, lui chanta de belles chansons et lui raconta de merveilleuses histoires, si bien que la taupe tomba amoureuse d'elle.  Mais Poucette ne voulait pas d'une taupe pour mari.

 

Un jour, la taupe invita Poucette à prendre une marche avec lui dans un long corridor qui unissait les deux demeures.  À mi-chemin, Poucette aperçut une petite hirondelle gisant dans le corridor.  La taupe informa Poucette que l'oiseau avait dû mourir de froid.  Elle qui aimait tellement les oiseaux fut troublée à cette vue.  Elle voulait que l'hirondelle soit enterrée au chaud.

 

Cette nuit-là, Poucette tissa une couverture de paille dont elle alla envelopper l'hirondelle.   Elle mit aussi du duvet de chardon aussi doux que du coton autour du corps de l'oiseau.  "Adieu, petit oiseau", dit-elle.  Elle posa la tête sur la poitrine de l'oiseau et, à sa grande surprise, entendit de faibles battements de coeur.  L'oiseau n'était pas mort, il  était engourdi par le froid et la chaleur de la couverture l'avait ranimé.

 

Très faible, l'oiseau ouvrit lentement les yeux et aperçut Poucette.  "Merci, gentille petite fille", dit l'hirondelle.  "Je suis tellement bien, emmitouflée dans cette couverture.  Bientôt, j'aurai repris suffisamment de forces pour retourner voler aux chauds rayons du soleil !"

 

"Oh, dit Poucette, il fait très froid dehors.   Il neige et il gèle.  Reste dans ton lit, je prendrai soin de toi jusqu'au printemps."

 

L'hirondelle passa ainsi l'hiver dans le corridor.  Poucette la soigna tendrement, mais elle ne dit rien à la souris et à la taupe, sachant qu'elles n'aimaient pas beaucoup l'oiseau.

 

Dès qu'arriva le printemps, l'hirondelle fit ses adieux à Poucette qui l'aida à sortir du trou.  Dehors, le soleil rayonnait.  L'hirondelle demanda à Poucette si elle ne voulait pas venir avec elle.  Poucette fut très tentée d'accepter, mais elle savait que cela ferait de la peine à la bonne vieille souris si elle la quittait ainsi.  "Non, je ne peux pas", répondit Poucette tristement.

 

© Tous droits réservés à Chez Nicky