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J'ai trente-huit ans, tous mes garçons vont à l'école et je m'ennuie terriblement toute seule à la maison et comme je regrette mon travail d'antan. 
 

Je reprends ma vieille dactylo et j'entreprends de me pratiquer. Bonne nouvelle ! je n'ai pas perdu la main. 
 

Très vite je tape les quarante mots demandés par le centre d'emploi pour avoir la petite carte qui atteste que je suis apte à travailler dans ce domaine.
 

On annonce à la télévision qu'une ministre offre un très beau projet pour les femmes, soit un programme pour les femmes qui ne sont pas retournées sur le marché du travail depuis quinze ans et plus et ce, avec rémunération. 
 

Avec cette aide monétaire, je peux me recycler en secrétariat. 
 

Le premier pas est fait. 
 

Je suis sortie de la maison. Mais ce que je ne sais pas ce sont les difficultés que j'aurai à surmonter. 
 

Donc, je suis avec quinze filles dans la vingtaine et moi j'en ai trente-huit.  Presque toujours enfermée avec mes cinq fils, je ne suis pas  habillée à la mode, et j'ai sûrement l'air d'arriver d'une autre planète. 
 

Mais je suis tellement contente de me recycler que je ne m'aperçois pas tout de suite que quelques-unes se moquent de moi.  J'ai tout de même la chance, d'avoir un professeur qui est d'une délicatesse et d'une gentillesse extrême. 
 

Pendant toute la durée du cours, j'ai appris et redécouvert mon amour pour l'étude. Je suis sortie à la fin de ce cours avec un autre diplôme, plus récent celui-là  et très heureuse de ma réussite. 
 

Et même, à me faire connaître et respecter par le groupe et ça, il fallait le faire et encore là j'ai réussi.  
 

Bien, je me retrouve avec un diplôme en poche et puis quoi ? 
 

Oui, il est difficile à 39 ans de me trouver un travail. Pas très évident. 
 

Donc, ne trouvant rien, je me motive à changer de métier.  Peut-être que mon père avait raison et que ce n'est qu'un job de raté même si j'adore ça. 
 

Je m'inscris dans un cours d'infirmière-auxiliaire d'une  durée d'un an.  J'ai très bien réussi tous les examens, mais échoué dans la pratique.   
 

J'ai dû laissé tomber trois semaines avant la fin tellement j'étais déprimée et fatiguée. Je pleurais à la moindre petite contrariété, je tremblais et surtout l'incompatibilité avec celle qui me formait était insupportable.
 

Pour ce cours, j'ai dû apprendre à conduire et m'acheter une auto. 
 

J'ai 40 ans et je n'ai encore rien comme travail, mais je sais conduire et j'ai un permis. 
 

Aucun travail, un diplôme réussi ainsi qu'un gros échec dans le médical. 
 

Mais non ! je ne veux pas finir comme cela. J'ai encore beaucoup d'années devant moi et peut-être des années de solitude vu que mes fils grandissent. 
 

Je ne veux pas céder à la faiblesse, à la lâcheté de ne pas me prendre en mains, il y a sûrement un moyen, quelque chose, quelque part...